Les trois étapes fondamentales pour lutter contre le choléra en Haïti

De plus en plus de personnes sont infectées par le bacille ‘’vibrio cholerae ‘’ dans le sud-est, ainsi, le bureau de communication de la Protection civile du sud-est soumet à la rédaction de bonzouti.com ce texte pouvant servir de guide à la p
Les trois étapes fondamentales pour lutter contre le choléra en Haïti 1 Sensibilisation 2 Latrinisation 3 Gestion des cadavres Le choléra est une maladie, connue depuis la nuit des temps, mais qui ne s’est déclarée en Haïti en octobre 2010. Le choléra, toxi-infection entérique épidémique contagieuse due à la bactérie ‘’vibrio cholerae’’ ou bacille virgule, est une maladie diarrhéique aigue dont on peut mourir en quelques heures en l’absence de traitement. Elle est caractérisée par des diarrhées brutales et très abondantes menant à une sévère déshydratation souillée. De octobre 2010 à nos jours, on estime à environ cinq mille trois cent quatre vingt dix sept (5397) le nombre de personnes décédées des suites de l’épidémie. Par ailleurs 344.623 personnes ont été infectées et 339.226 ont reçu des soins dans les différents centres de CTC et UTC mis en place par différents ONG tels MSF,SAVE THE CHILDREN,PASNGRD/PNUD,PLAN HAITI,CARITAS,OMS, OIM, COOPERATION CUBAINE ET AUTRES et les dispensaires et autres centres hospitaliers du pays. Les études, et analyses sur l’épidémie apparue en Haïti en octobre 2010, ont montré que les faiblesses de notre environnement socio-économique sont à la base de sa forte et rapide dissémination dans tout le territoire national. Si le traitement est bien connu, nous pouvons dire que la maladie est désormais endémique et l’élimination de l’agent pathogène dans notre environnement quasi-impossible. Les principaux réservoirs du ‘’vibrio cholerae’’ sont l’homme, plus précisément son tube digestif et les milieux aquatiques propices à la prolifération d’algues comme l’eau saumâtre et les estuaires. De récentes études indiquent que le réchauffement climatique pourrait créer un environnement favorable au vibrio cholerae et augmenter la fréquence de la maladie. La mise en place des CTC, base du dispositif de traitement coûte extrêmement cher et demande un personnel qualifié, disponible et disposé, qu’on ne trouve pas nécessairement en Haïti, d’où la nécessite de mettre l’accent sur deux axes principaux dans le cas d’Haïti : La prévention et l’amélioration drastique des normes et des conditions de l’hygiène. Les marges de manœuvre sur le plan local sont étroites mais non nulles La Prévention : Communiquer, communiquer plus et mieux Le meilleur des traitements dans toute médecine reste la prévention. Nous devons reconnaître l’effort commun fait, depuis l’apparition de la maladie en Haïti, par le Ministère de la Santé Publique et Population, les organisations non gouvernementales, la Presse et même les volontaires qui ont conjugué leurs efforts, non seulement dans le traitement de la maladie, mais aussi ont multiplié les campagnes de sensibilisation. Cette campagne a levé le pied face a un certain résultat obtenu. Des CTC ont fermé… des ONG ont plié bagages… C’était sans compter avec la saison des pluies, à la faveur de cette dernière, qu’on a observée dans beaucoup de localités, une forte flambée. Une forte communication sociale forte, continue, bien coordonnée, bien agencée, basée sur une meilleure connaissance des comportements et réactions de la population face à l’épidémie et sur un monitoring constant servant à mesurer le degré d’information de la population, avec des objectifs clairs et précis devrait permettre de limiter sérieusement les dégâts. LATRINISATION ‘’Un passage obligé dans la lutte contre le choléra Mais en observant les travail fait autour de la maladie, à partir d’une analyse détaillée quantitative des actions déjà réalisés, après avoir identifier les difficultés et contraintes rencontrées, il nous arrive de déduire que le cholera se développe principalement dans des conditions de vie défavorables, des zones les plus reculées du pays ou celles ayant de fortes concentrations humaines. L’absence de latrines constitue dans ces zones l’un des principaux vecteurs de diffusion de la maladie. Dans ce contexte il est impérieux de lancer une campagne de latrinisation susceptible de bloquer tout croisement entre la chaîne alimentaire et la chaîne des excréments. Soulignons que le vibrion reste dans les selles pendant 7 à 14 jours. A titre indicatif, dans le cas d’Haïti, on estime à 10 milliards, le nombre de vibrions dans un gramme de selle d’une personne infectée. Les défécations, hors des normes sanitaires, dans le voisinage des sources d’eau, des rivières, des étendues d’eau, dans les centres urbains, dans les ordures ménagères, l’utilisation de ‘’compost’’ contenant des excréments humains constituent donc de graves dangers pour la population. La gestion des cadavres La mort est une étape de la vie dans la culture haïtienne. Nos services funéraires sont longs et complexes. On doit préparer le corps du décédé à entrer dans l’autre vie. On doit littéralement le baigner, manipuler les corps. On doit le veiller, prier sur le corps et souvent à la campagne on l’enterre dans la cour même. Qui plus est, on se contente de laver, les vêtements, les draps et autres affaires, peut-être souillés, du défunt mort dans la rivière, dans la source, dans le bassin etc. afin de les réutiliser. Alors que les normes sanitaires internationales recommandent expressément de prendre certaines précautions avec le malade et de ne pas manipuler le corps. ….. (Les mesures à prendre en cas de décès) Nous suggérons qu’il est urgent de mettre à la disposition des localités les plus éloignés de notre pays des équipes spécialisées, équipées de tout le matériel nécessaire pour inhumer dans les meilleures conditions les décédés du choléra et pour désinfecter l’environnement familial. Le choléra nous concerne tous, conjuguons nos efforts pour enrayer cette maladie. JACQUES PHILIPPE JOVIN Consultant en communication et sensibilisation PASNGRD /PNUD/ DPC /Sud-Est


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