MISE AU POINT DU SENATEUR EDWIN ZENNY

Un avocat de la place s’est momentanément revêtu de sa redingote de sénateur pour adresser une requête au Sénat de la République, sous la forme d’une longue correspondance au terme de laquelle il demande au Grand Corps d’instituer une Commissi
A côté de l’étonnement qu’un ancien sénateur puisse afficher une telle ignorance – un tel mépris – de l’article 208 du règlement du Sénat, lequel fixe les conditions de formation d’une telle commission, le lecteur se sent agressé dans sa pudeur de découvrir dans cette lettre diffusée - un autre accroc au protocole - un vil amas de basses injures, puisées dans les officines des rumeurs politiquement motivées. Comme des auditeurs de radio ont été hier surpris de cet acharnement à massacrer un adversaire qui n’est pas sien, en appelant les populations jacméliennes à exercer sur lui et sa famille des violences mortelles, comme l’eussent fait les Gonaïviens à qui cet auteur imprudent a tressé en la circonstance une renommée de barbarie dont ils ont dû bien s’indigner. Je me refuse à suivre l’ancien collègue sur ce chemin scabreux de l’invective et des allégations farfelues, puisqu’il avoue tirer ses « informations » et les titres dont il m’affuble du réservoir indifférencié de l’internet, que tout le monde considère comme étant quelques fois le coffret universel du mensonge et de la méchanceté à bon marché. Je choisis simplement de satisfaire sa curiosité en répondant à sa question : Qui est Edo Zenny ? En retenant que le mot qui a torturé sa susceptibilité à fleur de peau (claire ou brune) est dynastie, qu’il s’est empressé d’associer à mon « teint clair » et à ma richesse … présumée. Je n’appartiens pas à une dynastie nobiliaire, mais à une dynastie de l’effort, du travail et du mérite. Mes parents m’ont donné une éducation de qualité. Mon père a été un commerçant dès son plus jeune âge. J’ai été élevé par une mère à la fois éducatrice et commerçante. Mes parents m’ont inculqué des vertus et des valeurs comme l’assiduité au travail, le pragmatisme et l’humanisme, vertus et valeurs que j’ai cultivées et professées toute ma vie. Et je ne crois pas avoir raté ma vie ni mes vocations humaines et humanistes par le fait de ne pouvoir aligner des diplômes sur les murs de mon bureau d’entrepreneur ou de mon office de Maire ou de Sénateur de la République. Certains pensent que seul un diplôme confère valeur à un individu et s’estiment intrinsèquement supérieurs à ceux qui n’en possèdent pas. Maçons, charpentiers, menuisiers, cordonniers, chauffeurs de taxi, commerçants de l’informel, et vous, paysans héroïques qui supportez le poids de l’aisance des parasites, et vous planteurs de riz de son Artibonite par lui mal-aimé, entendez-vous cela : un savant à la bibliothèque bien garnie, mais au fauteuil sombre et austère ne vous reconnait aucune contribution sociale, il vous dénie toute valeur humaine, parce que vous ne pouvez exhiber un parchemin. Mais consolez-vous, vous tous travailleurs manuels qui construisez leur palais et leur cabinet luxueux, d’autres compatriotes lucides, moins orgueilleux, moins égocentriques, comme moi, reconnaissent votre utilité sociale et humaine. DOMI POV LEVE RICH Après avoir parcouru mon cycle d’études de la maternelle à la rhéto, chez les frères de l’Instruction Chrétienne, puis au Centre Alcibiade Pommayrac, au Centre Amine B. Zenny, au Centre Adventiste de Diquiny, je commençai, dès la vingtaine, à travailler dans l’entreprise familiale à Jacmel. Je débutai comme superviseur, après un certain temps, je fus promu directeur, et au bout de six ans, mon père Roger, dont j’étais l’unique descendant mâle, me fit don de son entreprise que je réorganisai et élargis en une véritable usine prospère sous le nom de « La Relève ». Je ne me contentai pas d’administrer paisiblement La Relève. Mon instinct d’entrepreneur me poussait vers de nouveaux horizons : en tant que promoteur de festivals et de soirées dansantes. Je me lançai aussi dans le transport en commun. Déjà à l’âge de 30 ans, je gérais une flotte de dix bus sur le trajet Jacmel-Port-au-Prince. Je n’en restai pourtant pas là : je sautai vaillamment le pas de la modernité. Contrairement aux commerçants jacméliens qui se limitaient à l’univers de Port-au-Prince pour placer leurs commandes de toutes sortes, je montai sur Internet, entrai en contact avec de lointaines firmes japonaises pour acheter des véhicules et des camions à revendre à travers le pays. Cette audace me valut un compliment chaleureux et inoubliable de mon modèle et mentor Jacques Khawly: « Tu es le premier jacmélien à sortir de l’informel pour entrer dans le formel et dans la mondialisation ». On fut en effet étonné de me voir, dans ces années précoces de 1998-99, effectuer des transferts d’argent vers les seigneurs de l’industrie japonaise que je n’avais jamais rencontrés. Tout s’était passé à merveille et je pus vendre de nombreux véhicules japonais très prisés en Haïti. Cette ouverture m’amena sur un autre terrain qui allait devenir mon point fort. A partir de 1999, je lançai une entreprise de vente de motocyclettes et créai une compagnie de taxi-moto. Je pris le risque – devenu payant et… avantageux – de remettre à un chômeur, illettré ou pas, en tout cas réputé ou préjugé insolvable, une motocyclette coûteuse, en lui disant qu’au bout de huit mois de location scrupuleusement payés, il deviendrait propriétaire. Le monde des jeunes chômeurs s’abattit sur moi à bras raccourcis. Et ce commerce se démultiplia à l’infini. Ainsi le chômeur, jadis condamné à la misère éternelle, fut tiré de l’oisiveté et des tentations de la délinquance. Mon audace et mon sens de la solidarité sociale lui ont ouvert la possibilité de posséder plusieurs motos et de monter même une petite entreprise de location de motos. A cet égard, il me plait de raconter une anecdote. Un jour, en rentrant à Jacmel, je fus stoppé par le bras impérial d’un inconnu à Léogâne. Il eut la hardiesse de me demander tout de go de lui donner une moto au même régime accordé aux jeunes de Jacmel. J’eus la faiblesse de lui répondre OUI sans réfléchir. Ceux qui m’accompagnaient me traitèrent de fou. Savez-vous qu’en peu de temps, le taxi-moto prit une formidable extension, sous la houlette de ce premier initiateur audacieux qui devint aisé de cette activité lucrative. A Port-au-Prince et dans plusieurs contrées du pays, d’autres entrepreneurs ont suivi cette initiative en investissant dans la vente de motocyclettes. J’ai construit le bien-être relatif qu’on me reproche injustement pierre après pierre, dans une constance du travail et de l’intelligence des affaires, louée par tous. Je n’éprouve ni ne manifeste aucune envie envers ceux qui ont gagné le pactole de leur aisance à la suite d’un procès contre l’Etat pour récupérer des indemnités parlementaires qu’ils avaient refusé de percevoir pour raisons idéologiques. Ce n’est pas d’un jour à l’autre, comme eux, que j’ai bâti la maison que des jaloux voudraient détruire à coups de gueule et de plume. Ils ont dressé de moi une image où, heureusement, mes co-citadins et les habitants du Sud-est n’ont pas retrouvé le profil de leur ami, de leur ancien maire, de leur sénateur. Dans l’aveuglement de la rancune, ils ont campé dans les nuages de leur imagination et aux seuls matériaux de leur hargne une être de fiction, un extra-terrestre tombé d’une planète non encore découverte et dont l’anatomie et les contours métalliques ne coïncident point avec le profil et la posture d’Edwin Zenny. Domi pov leve rich ? Oui, si l’on considère que j’ai dormi du sommeil du paresseux durant les 20 ans d’un labeur intelligent et acharné, de 19 à 40 ans, avant de devenir Sénateur de la République. DANS LA POLITIQUE Ah ! D’où m’est venue ma vocation politique ? Un jour de 1980, j’avais à peine 11 ans, le président d’Haïti se rendit à Jacmel et fut reçu dans les salons de Jacques Khawly, alors maire de la ville. Je fus fasciné par le spectacle d’un président évoluant à son aise chez un maire d’une ville de province, tout aussi décontracté. Et je me promis d’être maire un jour pour connaître le bonheur ineffable de représenter ma ville qui m’a vu naître. Dès le lendemain de ce jour, j’entrai en campagne. Je me mis à parler de mon rêve à tous les jeunes de mon âge ; je subtilisais de chez moi du menu argent, de la nourriture, des boissons, des gadgets, des habits, que j’apportais aux enfants de mon quartier, lesquels me remerciaient en me gratifiant du titre de « Magistrat ». « Mon chè, ou se majistra katie sa-a ». Ainsi portai-je dans ma tête et dans mon cœur cette saine ambition et devins-je en 2001 président du comité de Carnaval, en 2006 Maire de la Commune de Jacmel, élu à 76% des voix, en 2011 Sénateur de la République élu au premier tour à 57.5% des voix. Tout ceci s’est déroulé dans le calme et la confiance que ma population a placée en moi. Aucun cas de morts ou de violences n’a été enregistré dans le Sud-est lors de ma participation à ces élections. LE SOCIAL Ces accointances d’enfance et d’adolescence avec les couches les plus défavorisées que je gavais des surplus de la maison familiale m’inspirèrent également un irrésistible penchant pour le social. Dès l’an 1998, avant même de me jeter dans l’arène politique et de devenir maire de Jacmel, je m’étais impliqué dans le social. De mon vif argent et avec l’appui d’organisations philanthropiques et d’amis bénévoles, j’ai construit 250 maisons au profit des démunis du Sud-est. Depuis environ 10 ans, je paie l’écolage pour environ 400 enfants. Et parmi les bénéficiaires de ma bourse généreuse, 20 étudient en République Dominicaine, en médecine, en génie civil, en droit international… La seule contrepartie que j’exige d’eux, c’est leur retour à Jacmel pour mettre leurs connaissances au service du Sud-est et continuer à alimenter la flamme de l’assistance aux défavorisés. J’ai toujours tendu le bras aux plus faibles, aux malades gisant sur les lits d’hôpitaux incapables de subvenir à leur besoin. J’ai encadré les différentes organisations paysannes dans les projets de captage d’eau, de construction de tronçons de routes dans les sections communales. Et j’en passe. En raison de mes attaches avec mon peuple et considérant mon amour pour la jeunesse, j’entends consacrer les années à venir au Sénat et en dehors du Sénat à l’éducation et à l’instruction civique. Dans le domaine de l’éducation je pense déjà aux nombreuses initiatives qui naitront de la Fondation Edo Zenny (FEZ). Au Sénat de la République, je me prépare dans les mois à venir à déposer quelques propositions de lois d’encadrement et d’accompagnement institutionnel pouvant aider à restaurer l’autorité de l’Etat, garantir le bon fonctionnement des institutions existantes et protéger les droits et les libertés de tous, et particulièrement des professionnels, et autres citoyens exerçant une fonction indépendante dans leur rapport avec le judiciaire. Voici, en gros, le profil et le parcours passé et en perspective de celui qu’on accuse de préjugé de couleur et de fortune soudaine et illicite. Pour s’abattre sur moi, comme s’ils couvaient depuis longtemps un contentieux inexpiable avec celui qu’ils qualifient de représentant d’une minorité en mal de « suprématie sur le reste de la population », certains ont cru trouver le prétexte idéal dans un incident imaginaire, monté en épingle … pour me dire raciste et illicitement riche. Si je possède une richesse, elle est la richesse de ma conscience claire, la richesse d’une joie de vivre au milieu de mes amis plus nombreux noirs que mulâtres ou blancs, la richesse d’une famille paisible soudée au ciment de l’amour et du respect mutuel, la richesse d’appartenir à une institution, le Sénat, peuplée de personnes honnêtes dans leurs convictions et leurs positions, la richesse d’évoluer dans un département en pleine croissance sous l’égide de dirigeants animés d’un amour passionné pour leur patelin, la richesse de vivre dans un pays, certes périodiquement frappé par la main aveugle de la nature, mais habité par un peuple fier et vaillant, capable de tous les miracles de la renaissance et du redressement. Voila qui je suis, et les numéros de mes comptes bancaires ! De grâce, puisez-y avec parcimonie pour me laisser, toujours, de quoi vivre dans le confort de ma conscience et de mon âme. Je m’appelle Edwin Zenny et je vous salue patriotiquement.


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