Mexique:Deux femmes journalistes assassinées dans la capitale, l’escalade sans fin de la terreur : 80 tués depuis 2000

Reporters sans frontières est bouleversé par les assassinats de Ana María Marcela Yarce Viveros, fondatrice et journaliste de la revue hebdomadaire Contralínea et Rocio González Trápaga, ancienne reporter de Televisa devenue indépendante. Les deux
\"Nous condamnons avec force l’escalade de la terreur qu’affrontent les journalistes dans l’un des pays les plus dangereux au monde pour la profession et le plus meurtrier du continent. Quatre-vingt professionnels des médias ont perdu la vie depuis 2000, dont six femmes. Ce double homicide intervient une semaine après l’assassinat d\'Humberto Millán Salazar, présentateur de Radio Formula et directeur du journal digital A-Discusión dans l’État de Sinaloa (Nord-Ouest). L’autocensure ou l’exil s’offre de plus en plus souvent aux professionnels des médias. La presse peut-elle espérer survivre au Mexique ? Les autorités n’ont toujours pas mis en œuvre le protocole de sécurité pour les journalistes signé depuis près d’un an (http://fr.rsf.org/mexique-attaques-contre-deux-redactions-a-11-02-2011,39537.html). Nous attendons des actes en ce sens\", a déclaré Reporters sans frontières. Ana María Marcela Yarce Viveros et Rocio González Trápaga, âgées chacune de 48 ans, ont été enlevées en sortant du bureau et tuées par asphyxie dans la nuit du 31 août 2011, d’après Contralínea (http://revista-contralinea.blogspot.com/). Selon Radio Formula, les corps des journalistes, localisés le lendemain matin dans le quartier d’Iztapalapa, à l’est de la capitale, étaient dénudés, une corde autour du cou, les pieds et mains attachés (http://www.radioformula.com.mx/notas.asp?Idn=194408). Cette macabre mise en scène porte généralement la marque des cartels de la drogue. D’après le ministère public du District Fédéral, elles ont été retrouvées le 1er septembre dernier, à sept heures du matin, dans le quartier d’Iztapalapa, à l’est de la capitale. Miguel Ángel Mancera, procureur du District fédéral, s’est engagé à arrêter les responsables dans les plus brefs délais. Le chef du gouvernement de la ville de Mexico, Marcelo Ebrard, a également promis que justice serait faite. Reporters sans frontières demande donc à être tenue régulièrement informée par ces hauts représentants des pouvoirs publics et par leur service de l’évolution et des résultats de l’enquête. Le mobile de ce double meurtre reste à établir. Contralínea, revue d’investigation en circulation depuis plus de dix ans, a été cible d’une campagne d’intimidation et de harcèlement judiciaire, en particulier depuis ses révélations gênantes pour la compagnie pétrolière nationale PEMEX en 2007. Cette tragédie vient encore ajouter au sentiment de terreur qu’inspire la situation mexicaine depuis le déclenchement, en décembre 2006, de l’offensive fédérale contre le narcotrafic dont le bilan s’élève à ce jour à 50 000 morts (http://fr.rsf.org/mexique-campagne-basta-de-sangre-no-sangre-11-02-2011,39536.html). Le District Fédéral semblait jusqu’à présent relativement épargné par la violence liée à ce contexte, en comparaison du reste du territoire national. Benoît Hervieu Despacho Américas / Americas desk Reporters sans frontières 47 rue Vivienne 75002 Paris - France


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