Jacmel accueille Martine Fidèle

Invitée d’honneur à la 45e édition de Livres en liberté, l’écrivaine-journaliste Martine Fidèle a pris quartier à l’hôtel Florita à Jacmel, les 22 et 23 janvier. Dans ses bagages, Amalgame de mon silence (poésie), l’homme au sexe de fer (nouvelles) et Double corps (roman). Des titres à sensation qui ont attisé la curiosité intellectuelle de quelques centaines de jeunes.
Cheveux en boucle, sourire accroché aux lèvres, corsage vert, Martine Fidèle ne lâche pas sa plume d’une seconde, signant des autographes aux premiers arrivés. Sur une longue table qu’elle partage avec quelques poètes, dont Christophe Philippe Charles et Dominique Batraville, trônent ses œuvres. L’on découvre Amalgame de mon silence, un tout premier qui traite de l’amour; L’homme au sexe de fer, un recueil de nouvelles qui met en relief l’inceste et la prostitution, et son tout dernier, Double corps, succès de la dernière édition de Livres en folie, qui soulève le voile sur des tabous, l’homosexualité et la bisexualité. Derrière un chevalet qui met en valeur Double corps, Martine se prête au jeu de questions des journalistes de la métropole du Sud-Est. Le public jacmélien s’est inquiété, vu le climat électoral. On pensait que l’invitée d’honneur n’allait pas venir. « Je ne me considère pas comme une Marie-Jeanne. Souvent, il faut marcher sur leurs traces. Alors que la rue donnait le ton à la politique, j’ai choisi de respecter ma parole. En tant qu’invitée d’honneur, je ne pouvais faire un accroc à cet évènement. Je suis venue, malgré vents et marées et c’est un privilège d’avoir pu laisser Port-au-Prince avec des livres. La culture est un paratonnerre. On y puise la force. Au moment où le pays est en proie au chaos, c’est un mérite d’être là, entourée de tous ces jeunes, à parler du beau, de la littérature, à réinventer le monde », dit Martine, les yeux brillants, contente de voir autant de jeunes, livres en main, dialoguer avec les auteurs. À ses côtés, Christophe Philippe Charles, le prolifique poète, auteur de plusieurs centaines de recueils de poèmes, se sentait dans son élément en voyant autant de jeunes dans cet évènement. Il était à Livres en liberté à double titre, en tant qu’auteur et éditeur des éditions Choucoune, maison qui fait la promotion des livres jeunesse et des poètes dont les livres sont très prisés dans les établissements scolaires. Dominique Batraville, l’un des fils adoptifs de Jacmel, car l’un des prix accordés par les éditions Pulùcia porte son nom, célébrait aussi la fête du livre. Batraville, le journaliste-poète aux multiples talents, signait Kòdvokal, un recueil de poésie sorti des éditions Pulùcia de Jacmel. Près de lui, d’autres d’œuvres sorties de la même édition : Kimika (roman), Au paysage de ma muse (poésie), Et mon père fut cocu (nouvelles). Porteur de l’évènement, Clément Benoit II a également signé Koulè lapli. Patron de Livres en liberté, il avait remporté haut la main le prix Dominique Batraville de la poésie créole en décembre dernier pour ce même titre. Outre le côté littéraire avec les écrivains en signature, la musique a occupé l’espace festif, où les jeunes chantaient et dansaient les hits américains, en rotation sur les ondes.


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