Un autre point sur un autre i

Dans cette affaire Guy Philippe DEA, il serait sage de rester loin des jugements prématurés et immatures qui interprètent tout mais n’expliquent rien. Que de citoyens du monde avaient été humiliés chez eux et chez les autres, menottés, garrottés, battus, jetés en prison par erreur, par espièglerie ou par faussetés de jugements, et étaient devenus de grands chefs par la suite. Georges Washington, Abraham Lincoln, Adolf Hitler, Mahatma Gandhi, Evans Paul chez nous. Personnellement, je déteste que Guy Philippe avait été l’un des tombeurs de Jean-Bertrand Aristide, incontestablement l’un des grands forgeurs de la démocratie Haïtienne pour avoir été le premier à être élu président par voix nettement électorale en 1990, mais j’ai beaucoup d’estime pour ce que Guy Philippe est, représente, et la trajectoire combien louable de son devenir.

Ce que nous nous devons nous dire et admettre, c’est qu’il avait ses raisons d’avoir été anti-Aristide tout comme d’autres, moi y inclus, ont leurs propres raisons d’avoir été pro-Aristide, sans renier leur affection pour Duvalier, pour Préval ou pour Martelly. La vraie démocratie passe et doit inévitablement passer par les pour et par les contre. Nous ne pouvons pas tous les Hommes des mêmes Hommes. Ce sont les différences qui rendent le monde beau et la vie possible. Ce sont nos différences qui vont combattre cette indifférence séculaire qui nous ronge. Nul Homme n’est condamnable en bloc, aucune doctrine absolument rejetable.

 

 Ainsi, lavons nos linges sales en famille et laissons le droit à un homme de cette trempe, Guy Philippe je veux dire, le droit de s’exprimer au nom de la patrie haïtienne et du peuple haïtien. La paysannerie haïtienne, nos sous-humains, mérite des représentants authentiques décidés à leur donner enfin un commencement d’humanité. Que Guy Phillipe règle ses affaires avec les justices américaine et haïtienne, mais qu’il soit loué pour ce qu’il représente et a voulu faire. Le seul vrai problème serait sa sincérité patriotique, mais c’est entre lui, ses consciences humaine et nationaliste puis son Dieu.

 Ernst Delma 1/08/2017



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