Retour de l’hôpital Saint-Michel de Jacmel sur la carte sanitaire

L’hôpital Saint-Michel de Jacmel renaît de ses cendres. Détruit par le tremblement de terre de janvier 2010, l’hôpital, qui a été inauguré le mercredi 14 septembre 2016, revient, imposant dans sa structure, pour servir la population du Sud-Est.

Dans le vaste atrium de la clinique externe de l’hôpital Saint-Michel avec ses grands murs ornés de motifs mis en valeur sur mosaïque, la ministre de la Santé publique, le Dr Daphnée Benoit Delsoin, la première dame de la République, le Dr Ginette Michaud Privert, le maire de Jacmel, Maky Kessa et le président de la Croix-Rouge haïtienne, le Dr Guiteau Jean-Pierre, n’ont eu que des mots de gratitude envers le Japon, les États-Unis, le Canada et tous ceux qui ont fait de ce projet une réalité.

 

En janvier 2010, l’hôpital Saint-Michel est détruit. Pertes en vie humaines et en matériel. Le seul hôpital de référence du département du Sud-Est ne peut pas répondre aux besoins de la population.

 

Plusieurs pays amis d’Haïti, aujourd’hui, ont contribué à l’érection de l’hôpital Saint-Michel de la métropole du Sud-Est. Le peuple du Japon, par le biais de l’Agence japonaise de coopération internationale, a octroyé une enveloppe de 20 millions de dollars, la Croix-Rouge américaine 10 millions et la Croix-Rouge canadienne 5 millions américains.

 

 « Je me sens honorée d’être parmi vous ce matin pour remettre à la population du Sud-Est, et aux Jacméliens en particulier, ce nouvel hôpital qui vient renforcer notre capacité opérationnelle dans l’administration des soins préventifs et curatifs », a déclaré le Dr Daphnée Benoit Delsoin dans un atrium rempli de monde.

Saint-Michel dans la stratégie du plan national

 

Construit en 1954, l’hôpital Saint-Michel doit desservir plus de 500 000 habitants. « L’inauguration de cet hôpital s’inscrit dans la stratégie du plan national de santé visant à assurer une couverture sanitaire nationale et à satisfaire les besoins essentiels de la population », a soutenu le numéro 1 du MSPP tout en saluant l’action gouvernementale pour la place de choix qu’elle accorde à la santé. Dans le même élan, elle a noté « l’esprit d’entraide et de solidarité qui a amené les partenaires à supporter les efforts du MSPP dans la réalisation de ce nouvel élément dans la chaîne sanitaire. »

 

Pour la première dame de la République, le Dr Ginette M. Privert « L’inauguration de ces deux nouveaux bâtiments est le résultat de beaucoup d’efforts qui doivent émouvoir la population haïtienne tant par leur modernité que par leur apport à tout le système de santé en Haïti. »

 

L’ambassadeur du Japon en Haïti, Yoshiaki Hatta, qui avait visité le chantier de l’hôpital en pleins travaux, dit avoir questionné les ingénieurs sur les vertus parasismiques de cette structure sanitaire. Les fondations, a expliqué le diplomate, répondront bien aux éventuels assauts des secousses telluriques.

 

« Le financement que le Japon a octroyé pour la réalisation de ce projet s’élève à deux milliards de yen, soit environ 20 millions de dollars américains », a précisé l’ambassadeur tout en ajoutant que cette coopération s’inscrit aussi dans « la fourniture des équipements médicaux de haute qualité ».

 

L’ambassadrice du Canada, Paula Caldwell St-Onge, comme son homologue du pays du soleil levant, dit avoir visité le chantier à plusieurs reprises.

 

« L’inauguration de cet hôpital nous interpelle sur l’importante responsabilité que le gouvernement haïtien a d’assurer la gestion efficiente de l’ensemble du système de santé du pays », a déclaré l’ambassadrice du pays à la feuille d’érable, soulevant dans ce contexte officiel un point sur la question du système de financement de la santé en Haïti. Par ailleurs, après avoir pointé cette difficulté, elle a rafraîchi les mémoires sur le financement du gouvernement canadien en matière de santé en Haïti, notamment, la construction de l’hôpital La Providence des Gonaïves et le projet Prisma qui mise sur la santé de la mère et de l’enfant.

 

 La représentante de la Croix-Rouge canadienne en Haïti, Brigitte Gaillis, a confié que ce projet « conçu en harmonie avec les cadres de santé du MSPP et du ministère de l’Environnement » ne s’arrête pas aux infrastructures, autrement dit, d’autres éléments essentiels sont venus s’y ajouter. A titre d’exemple : des sessions de formation pour le personnel de santé. Aussi a-t-il fallu l’expertise de l’hôpital Sainte-Justine de Montréal, l’unité de santé internationale de l’université de Montréal et la direction de la santé publique de l’agence de la santé et de services sociaux de Montréal. « Tout au long du processus, le MSPP a joué un rôle important », a-t-elle accentué.

 

 

La représentante de la Croix-Rouge américaine en Haïti, Chantal-Sylvie Imbeault, s’est dit satisfaite que le peuple américain ait contribué au renforcement du système sanitaire haïtien à travers ce financement à hauteur de 10 millions de dollars pour la construction de ce bâtiment.

 

« Permettez-moi de signaler que le financement de la construction de l’hôpital Saint-Michel de Jacmel fait partie des derniers et grands projets de la Croix-Rouge américaine en Haïti dans le secteur de la santé. En effet, il me plaît de rappeler que, depuis 2010, la Croix-Rouge américaine a investi 73 millions de dollars américains en vue d’améliorer l’accès à des soins de santé de qualité et d’augmenter la capacité des services médicaux offerts à la population haïtienne. »

 

L’immeuble béni, les officiels ont coupé le ruban. L’hôpital Saint-Michel revient sur la carte sanitaire d’Haïti.



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