Le VIH dans le sud-est

Deux pour cent (2%) des personnes dépistées dans le sud-est ont le VIH, selon le rapport EMMUS 5 cité par Pierre Bonaparte Ronald, travailleur social au centre de dépistage volontaire (CDV) de Jacmel. Ces personnes infectées ont entre 25 et 40 ans, a indiqué Pierre.
« … dans le précédent rapport, le taux était de 3%... », a précisé Pierre Bonaparte.
La majorité des PVVIH de ces 2% sont des femmes, a ajouté le travailleur social qui a aussi expliqué qu’il y a beaucoup plus de femmes parce qu’elles se font dépister plus souvent que les hommes.
« Seulement  une femme sur vingt dépistées positives est une prostituée, et nous n’avons pas encore de chiffres pour les homosexuels » a commenté Pierre Bonaparte.
Source  d’infection….
Les données disponibles au CDV de Jacmel précisent qu’un fort pourcentage des hommes dépistés positifs dans le sud-est ont fait un séjour en République Dominicaine et la plupart des femmes PVVIH  ont avoué que leur mari a été pendant un certain temps en République Dominicaine, ce qui permet de conclure que beaucoup  d’haïtiens dans les communautés haïtiennes en République Dominicaine sont infectes.
«  je pense qu’il serait intéressant d’avoir des campagnes de sensibilisation contre le VIH, et aussi sur le comportement sexuel dans les communautés haïtiennes en République dominicaine et renforcer les campagnes dans le sud-est » a commenté Pierre Bonaparte.
Commentaires supportés par Maurice Jean Simon, un habitué des bateys de la République Dominicaine.
Selon Jean Simon la sensibilisation contre le VIH est quasi inexistante dans les bateys.
Les gens ne sont pas sensibilisés dans un pays où le sexe est partout et à bon marché.
« …Pour moi les institutions œuvrant dans la lutte contre le VIH et les autorités publiques ont pour obligation de contacter les autorités dominicaines pour leur demander de renforcer la sensibilisation contre le VIH et sur les comportements sexuels  dans les bateys et autres communautés haïtiennes » a avancé Maurice Jean Simon.
Le travailleur Social Pierre Bonaparte Ronald lui plaide en faveur d’une législation haïtienne pouvant contraindre aux dépistés positifs de déclarer leur statut à leur partenaire et d’avoir un comportement sexuel responsable face aux autres.
«  Au CDV c’est la confidentialité totale et parfaite, aucune information ne sort du centre.  Mais je pense que la loi devrait  exiger les testés positifs à révéler leur statut à leur conjoint, surtout les femmes, souvent elles ont peur de dire à leur mari leur nouveau statut» a confirmé Bonaparte. Ce dernier est  pour la création d’une loi protégeant les PVVIH de la discrimination. Bien qu’il reconnait qu’il y ait de moins en moins de discrimination signalée dans le département.
Plusieurs institutions travaillent dans la lutte contre le VIH dans le sud-est, sous la coordination de la direction départementale de la santé publique qui fait un travail appréciable selon Pierre Bonaparte Ronald.
Dans le sud-est, le  Psi est l’une des rares institutions qui a déjà travaillé avec les homosexuels selon Pierre Bonaparte. Celui-ci  reconnait que le CDV veut aussi travailler avec ce secteur, cependant il y a une réticence chez les homosexuels.
« …Souvent ils ont  peur d’avouer qu’ils sont homosexuels, et ceux parmi eux qui domptent leur peur refusent de travailler avec le centre … » a conclu Pierre Bonaparte qui veut toutefois rester optimiste.


Share this post