Université Publique du Sud-est à Jacmel (UPSEJ), un rêve meurtri

C ’était un mois de Janvier de l’année 2012 que cette structure universitaire a pris naissance dans la cité d’Alcibiade Pommayrac. Elle était arrivée comme une Bonne Nouvelle, la concrétisation d’un Rêve que les Jacméliens, surtout les
On était bien parti pourtant. Comment est-on parvenu à une réalité aussi différente du rêve Upsejois? Est-ce parce qu’il était trop ambitieux et qu’on n’a pas su bien le gérer, ou parce que la mesquinerie politique a triomphé une énième fois? C’est peut-être un peu de tout cela. En revanche, avec un peu de recul, on peut constater que ce naufrage est le résultat notamment d’une crise de leadership, du laxisme des dirigeants, d’une folie de paraitre et d’un dysfonctionnement d’un appareil universitaire obsolète en matière de ressources matérielles et de ressources humaines. Les étudiants qui sont là depuis un peu plus que trois ans sans savoir combien de cours leur restent-ils ou dans quelle filière se trouvent-ils (si jamais il y en a une!), sont les principales victimes de cette bataille insensée et narcissique des Responsables. Les jeunes étudiants qui sont là depuis un, deux ans désorientés, indécis et sceptiques de leur avenir, sont les principaux martyrs de cette mascarade agrémentée d’une hypocrisie philanthropique. Certains sont découragés et déçus par cette triste réalité. Il y en a qui sont partis à la recherche d’autres rêves auxquels s’accrocher et d’autres encore sont malheureusement invités de manière très subtiles à danser cette dance débile qui n’est pas la leur. En moins de 4 ans, UPSEJ a déjà vu défiler plusieurs Doyens, plusieurs Secrétaires généraux, plusieurs comptables et plusieurs professeurs. Près 3 ans et demi après, aucun étudiant n’est en mesure d’anticiper la date à laquelle il pourra boucler son cycle d’étude. Ils sont, pour la plupart, trop occupés à prendre des positions pour Madame ou Monsieur, à être solidaire à leurs paires ou à crier «Vivre ou Aba» dans les locaux des différentes entités, dans les médias et à travers les rues de Jacmel. A ce jour, aucun responsable ne peut même pas supposer à quel moment la première promotion de l’UPSEJ sortira, diplôme en mains pour affronter le marché du travail. Ils sont trop occupés à faire de la diplomatie et à satisfaire les caprices des politiciens dépourvus d’ADN patriotique. Les professeurs quant à eux, ne sont même pas capables de se constituer en un corps uni et solidaire pour faire entendre leur voix dans la foulée de ce capharnaüm. Ils sont trop occupés à avoir peur et à se faire paraitre comme des Anges. Voici donc en quelques mots la plus grande partie du bilan de l’Université Publique du Sud’est à Jacmel quasiment 27 mois après sa naissance. Voici un résumé de ce qu’est devenu le rêve Upsejois. A bien y réfléchir, nous sommes tous responsables d’une façon ou d’une autre de ce bilan désastreux et de ce gaspillage de temps, d’énergie, des matériels et d’argent. Nous sommes tous en train d’assassiner le rêve Upsejois, le rêve de la Jeunesse. Il est temps de nous ressaisir avant qu’il ne soit trop tard. Il est temps que toutes les parties prenantes (Etudiants, Professeurs et Responsables) prennent leur responsabilité, soient conscientes qu’il existe d’autres personnes autour, cultivent un sentiment d’altruiste solidaire et fassent en sorte que la satisfaction de l’intérêt individuel soit secondaire à celle de la collectivité. Nous avons tous cette responsabilité impérative! Si non, l’histoire nous jugera tous comme des tueurs de rêves… Nelson Jean-François, Economiste et spécialiste en entreprenariat social, Responsable de Suivi et d’évaluation à la Croix-Rouge Canadienne, Professeur d’économie et de gestion à l’UPSEJ, UNDH et à l’Université Concordia de Jacmel. Adresse email: nelsonjeanfrancois@gmail.com Téléphone: (509)-4719-4855.


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