40e assemblée générale de la Caisse populaire Espoir de Jacmel

Collecter, réunir, organiser les épargnes des membres, donner des crédits, c’est cet esprit de solidarité qui a permis à la Caisse populaire Espoir (CPE) de Jacmel de franchir le cap de 40 années au service de la communauté. Réunis à la salle de Convention du bord de mer de la ville d’Alcibiade Pommayrac, le samedi 29 et le dimanche 30 octobre 2016, les membres de la caisse populaire et ceux de la grande famille de l’Association Nationale des Caisses Populaire Haïtiennes (ANACAPH) sont venus d’un peu partout pour prendre part à l’assemblée annuelle et le 40e anniversaire de la CPE.

Caisse Populaire Espoir de Jacmel, l’une des plus anciennes institutions financières haïtiennes, a fêté son anniversaire et réalisé son 40e assemblée générale. Dans le souci de reddition des comptes, cette institution a publié son rapport annuel. On y lit au Centre de convention. « Au 30 avril 2016, l’actif de la caisse est de 305 millions de gourdes soit une croissance de 27.33% comparativement à l’exercice 2014-205. D’autres chiffres s’alignent dans le rapport : « Au 30 avril de l’année en cours, l’épargne des membres est de l’ordre de 178.7 millions de gourdes, en hausse de 31.10% par rapport à l’exercice 2014-2015. »

 

 

De 21 gourdes au départ à plus de 305 millions Pour mieux contextualiser les performances de la Caisse, le directeur général, Molière Péronneau, a recouru à l’histoire : « La caisse a pris naissance en 1976 avec 24 membres et 21 gourdes. 40 ans après, les 24 membres se sont transformés à plus de 19 000 membres et les 21 gourdes à plus de 305 millions de gourdes. Aux regards du rapport des vérificateurs externes, l’actif de la caisse est passé de 240.1 millions de gourdes à 305.7 millions de gourdes, soit une croissance de 27.33% comparativement à l’exercice antérieure. » A la question, à quoi est due cette croissance ? La réponse a fusé : « Cet accroissement est principalement dû à l’augmentation du portefeuille de crédit et des disponibilités. Le portefeuille de crédit brut a connu une croissance de 21.40% contre une augmentation de 72.59% des disponibilités. L’épargne des membres constitue la principale source de financement de l’actif. Plus de la moitié de ce dernier est financé par l’épargne. Au 30 avril 2016, elle a significativement cru de 31.10% passant 136.4 millions de gourdes à 178.7 millions de gourdes. L’accroissement des épargnes à vue et des dépôts à terme (DAT) en sont les principaux facteurs explicatifs. Le portefeuille d’épargne à terme a plus que doublé ». Pour Péronneau, c’est manifestement un signe qui met en évidence la confiance que les membres de la communauté placent en leur caisse. Une barque de solidarité

 

 

Le président du conseil d’administration, Marcelin Alexandre, de son côté, a rappelé à cette vaste assemblée réunie au Centre de convention qu’au cours des cinq dernières années, le pays a connu des situations instables qui n’ont pas favorisé l’investissement. De plus, a-t-il reconnu, ces troubles ont tout à fait retardé l’exercice démocratique du renouvellement du personnel politique dans les institutions étatiques. En dépit de tout, a-t-il souligné, cette Caisse populaire a tenu bon la barque de la solidarité, cette arche de Noé des couches les plus vulnérables. « L’exercice financier qui a pris fin le 30 avril 2016 a débuté dans une situation économique précaire, non rassurante avec un taux d’inflation de 15.2% et aussi la dépréciation de la monnaie nationale, la gourde face aux dollars. En dépit de ce marasme économique, la casse au eu une très bonne santé financière », a dit Marcelin.

 

Les propos du directeur général du conseil national des coopératives, Frantz Prinvil, qui avait pris la parole, dans la soirée d’honneur au Congo Nightclub, rejoint les propos d’Alexandre Marcelin: « Vous êtes une caisse en bonne santé financière. Je suis fier de vous. Je salue votre sacrifice. Votre institution fait valoir dans le pays la doctrine de la coopérative », a-t-il déclaré. À cette occasion, il avait salué les anciens, parmi lesquels Jochim Destinès.

 

 

Destinès, 82 ans, vieux routier du mouvement de coopérative en Haïti, a raconté la genèse du mouvement. Les premières réunions se déroulaient dans la salle paroissiale connue sous le nom de salle d'œuvre avec la contribution de Guire Poulard, curé à l'époque, présentement Archevêque. Destinès a eu le vent en poupe. Dans sa frénésie de création, le père des caisses populaires dans le Sud’est, a mis sur pied plusieurs pignons sur rue. « J’ai fondé dix-neuf caisses populaires. La Caisse Espoir, je l’ai fondé avec le curé de la cathédrale de Jacmel Jean Fagot et Mgr Poulard, qui, à l’époque était vicaire. Le 3 mai 1976 la Caisse Populaire Espoir a vu le jour. On peut la considérer comme notre mère », a déclaré, au Congo Nightclub, l’octogénaire dans une voix ferme. Au cours de cette soirée d’honorariat, animé par le groupe Jabadou du guitariste Hans Pers, Destinès a salué l’équipe de jeunes qui tient encore haut le flambeau de l’Espoir.



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