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Actualité

Repenser les Jeux Scolaires Nationaux

Par Milot Nestor
Publié le Mercredi 18 Juin 2008 à 17h00

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Tout le monde se souvient du protocole d’entente signé entre le ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) et le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique le jeudi 29 novembre 2007 relatif à l’organisation des jeux scolaires nationaux 2007-208(cf. le nouvelliste du vendredi 30 novembre au dimanche 2 décembre 2007).

« L’objectif général vise, je cite, à promouvoir la formation intégrale des adolescents et des jeunes en vue d’assurer leur développement intellectuel et psychomoteur et à inciter chez eux l’esprit de convivialité, de consensus et de la non-violence. »

Au regard de ce qui s’est passé réellement sur le terrain peut-on affirmer que ce projet, formidable en soi et justifié compte tenu du contexte socio sportif difficile à l’heure actuelle, a atteint non seulement l’objectif susmentionné mais aussi les objectifs spécifiques fixés qui sont « utiliser le sport … pour améliorer les conditions et la qualité des vies des écoliers, les activités physiques et sportives à l’école pour prévenir les IST/Sida, réaliser les jeux scolaires communaux, départementaux et nationaux… » ? En d’autres termes, les responsables des deux ministères peuvent-ils faire un bilan, en toute objectivité, ne serait-ce que partiel, de la façon dont ces jeux se sont déroulés, quand on sait que l’année scolaire 2007-2008 est pratiquement finie ?

Ces jeux ont été lancés à Jacmel en grande pompe avec défilé de plusieurs dizaines d’écoliers sous l’égide des représentants des deux ministères. Avant le lancement officiel de ces jeux l’on avait fait comprendre aux responsables d’écoles présentes lors d’une réunion que plusieurs disciplines sportives allaient être concernées autour de l’organisation de ces jeux. La réunion se centrait plutôt sur la réalisation effective des jeux. Organiser, voilà, c’est ce qu’il y avait de plus urgent à faire, peu importe les dispositions préalables, peu importe si toutes les conditions étaient réunies. Une fois pour toutes dans quel pays vit-on ? Des questions majeures que des responsables lucides et sensés auraient abordées en premier lieu n’avaient même pas été évoquées. L’essentiel c’était d’organiser une fois encore, vous semblez l’oublier, cher lecteurs! Tout le monde connaît la situation de nos écoles publiques et privés hormis quelques rares mais très rares qui ne sont pas concernées par la description qui suit, manque d’espaces, absence d’infrastructures sportives, absence de moniteurs ou tout simplement absence de politique d’intégration réelle du sport dans les programmes des élèves. Maintenant on prétend qu’on veut organiser des jeux scolaires dans toutes les disciplines sportives alors que l’on connaît la situation désastreuse et pitoyable dans laquelle se trouvent la plupart de nos écoles publiques et privées. Pourquoi une vaste campagne de réhabilitation des espaces de jeux préalablement et intelligemment ciblées n’a même pas été lancée bien avant de penser à réaliser ces jeux scolaires ? Pourquoi toutes les dispositions en termes de mobilisation des ressources compétentes n’ont-elles pas été prises en ce sens pour organiser de vrais jeux ? Là nous pensons à la mise en place d’une vraie instance locale dont sa principale tâche aurait été de faire le suivi de tout ce qui a été dit dans le protocole d’accord en veillant à son application et d’assurer la coordination auprès de tous ceux qui allaient être impliqués dans l’organisation de ces jeux (directeurs d’écoles, élèves, moniteurs). N’était-ce pas là mettre la charrue avant les bœufs ? Manque de volonté politique ? Manque de vision ? Manque de moyens ? Cynisme ? Démagogie ? Indifférence ? Saupoudrage ? Ou tout à la fois ? Vous choisissez ce que vous voulez, chers lecteurs.

Pour prendre le cas de Jacmel en exemple, nous avions assisté à un simulacre de jeux pour ne pas dire qu’il n’y a pas eu de jeux du tout. La planification laissait fortement à désirer. On nageait en plein dans l’improvisation des dernières minutes. Chose qui est monnaie courante malheureusement dans notre cher pays. L’improvisation peut-être enrichissante et innovante quand tout a déjà été mis en place et quand tout a été mis en œuvre pour faire face aux multiples imprévus. Mais dans notre cas tout a été bâclé au profit des intérêts mesquins d’un petit groupe et rien n’a été maîtrisé. A défaut d’avoir des jeux scolaires dûment pensés dans toutes les disciplines sportives nous avions eu plutôt des jeux scolaires dans une seule discipline, le football qui pis est dans une seule catégorie U15. Les limites d’âge n’ont même pas été respectées. La finale a été reportée à plusieurs reprises sous prétexte qu’il n’y avait plus d’argent pour acheter les trophées et ceci au grand dam de tous ces jeunes qui se sont livrés à cœur joie et qui se sont battus pour arriver jusque là. Finalement, elle a eu lieu sans qu’aucune cérémonie n’ait été organisée. L’atmosphère était macabre. Les équipes championne et vice-championne sont reparties bredouilles sans aucun trophée ni aucune médaille. Les jeunes ont joué pour la galerie juste pour faire le jeu de quelques personnes malintentionnées et manipulatrices. C’est vraiment scandaleux et révoltant de constater que certaines personnes continuent à se livrer au vu et au su de tout le monde et sans qu’elles ne soient inquiétées, à la manipulation des jeunes dans le seul et unique but de satisfaire leurs propres intérêts.

Plus loin dans le Protocole d’Accord, il est écrit ce qui suit « demander aux directeurs d’écoles de mettre des moniteurs sportifs à disposition pour assurer la promotion et le développement des activités physiques, sportives et socioculturelles ; détecter les talents sportifs scolaires durant les jeux»
Nous avons vraiment l’impression de vivre dans un pays où les instances éducatives et sportives régionales, départementales et communales sont interconnectées, fonctionnent à merveille et travaillent de commun accord en vue d’atteindre un objectif commun (dans notre cas il s’agit d’organiser et de réussir des jeux scolaires sur une année) et à l’intérieur desquelles il y a des cellules fiables, compétentes et responsables capables d’en faire le suivi auprès de tous ceux qui allaient être impliqués dans l’atteinte d’un tel objectif. Quelle instance au niveau local a la capacité de détecter des jeunes talents dans un ensemble de disciplines sportives ? Cette instance au cas où elle existe réellement et non pas de façon virtuelle, a-t-elle les ressources compétentes pour faire ce travail réservé normalement à des experts? Et à partir de quelles compétitions sportives?

Le projet « Jeux scolaires nationaux », c’est un projet dont les objectifs ne s’inscrivent pas malheureusement dans la durée. C’est un projet qui n’est pas inséré dans un plan global de développement du sport scolaire par exemple dans un plan quinquennal. Il aurait été plus simple de définir des objectifs à court, moyen et long termes. Ainsi on aurait un bilan annuel de ces jeux échelonné sur 5 ans. Ce qui signifie que d’année en année on se serait efforcé d’améliorer l’image de ces jeux pour les rendre à chaque fois plus attrayants, plus productifs et plus rentables. C’est comme un produit qu’on lance la première fois sur le marché. Avant le lancement du produit en question la première chose qu’on fait en général c’est une étude de marché, on prend le pouls du terrain, on étudie la loi de l’offre et de la demande afin de présenter le meilleur produit qui soit afin de répondre à une série de normes sociales et de satisfaire les désirs et les besoins d’un maximum de gens possibles. Et au fur et à mesure que le temps passe et en fonction du succès rencontré sur le terrain par ce produit là, que ce soit en fonction des demandes à la consommation ou des critiques, l’on essaie d’améliorer l’image du produit en agissant à la fois et sur le quantitatif et sur le qualitatif. Or, si nous analysons le procédé utilisé pour lancer les jeux scolaires 07-08 nous constatons avec tristesse que ces derniers n’ont pas été bien pensés avant de procéder à sa phase de lancement. Ils n’ont pas respecté ce principe qu’en général les professionnels de l’organisation des spectacles (sportifs, socioculturels, ou autres) appliquent, à savoir le principe des trois unités : unité de temps, de lieu et d’action.

Avait-t-on réfléchi à la question d’espaces? A-t-on bien pris le temps de les localiser et si possible d’y effectuer les travaux nécessaires? Quels seraient les types de travaux à effectuer et pendant combien de temps ? Sur une échelle de combien de temps s’étaleraient ces jeux pour être productifs, rentables et attrayants ? En ce sens faire des projections serait une chose facile. A quels types de réaction devrait-on s’attendre une fois ces actions posées là où il faut, au moment où il faut, la façon qu’il faut ?

Nous, nous plaidons pour une révision totale de ces jeux aussi bien au niveau de la planification qu’au niveau de l’organisation. A cet effet nous proposons qu’on fasse appel à des personnes qui s’y connaissent en matière de planification et d’organisation de spectacles sportifs. Car après tout c’est l’argent provenant du trésor public qu’on est en train de gaspiller n’importe comment. Donc il faudrait à l’avenir éviter d’arriver à une telle débâcle financière et sportive. Cela dit il faut repenser absolument les jeux scolaires nationaux.

Remplacer l’appellation « Jeux Scolaires Nationaux » par Jeux de la Renaissance.

Nous pensons déjà que c’est une aberration cette appellation. Aberration car le terme est impropre voire inapproprié au regard de la réalité actuelle. Nous pensons que c’est une appellation osée. Disons d’emblée que l’Haïti sportive a arrêté de respirer et de vivre depuis 1986 date du départ du dictateur Jean Claude Duvalier. Nous avons raté le coche dans les grandes orientations à donner au mouvement sportif au niveau de l’Etat d’abord puis au niveau des fédérations ensuite au niveau des clubs et au niveau des associations. Nous n’avons pas su investir dans le durable, la formation de base qui reste un défi majeur pour ce pays. Nous avons, au contraire, choisi délibérément de tomber dans la facilité en optant pour les décisions futiles et éphémères. Depuis lors nous avons beaucoup de mal à retrouver notre souffle et notre âme perdus. Il faut coûte que coûte retrouver ce souffle et cette âme. Il faut les faire renaître et revivre. Faire renaître et revivre Haïti sous toutes ses coutures voilà aujourd’hui ce qui importe. Ce ne sont pas quelques tentatives de rebondissement sporadiques nous faisant penser à notre dernier instant à vivre que nous sortirons de l’auberge. D’où l’appellation Jeux de la Renaissance serait plus conforme et plus adaptée en rapport à notre état de souffrance et de misère actuel. Oui, nous pouvons parler de grande misère du sport à l’heure actuelle. On peut en finir avec cet état là à condition d’accepter de faire les choses de façon graduelle, en visant juste là où il faut de façon à être efficace et selon les moyens dont on dispose. Nous devons à tout prix éviter de faire les choses d’un seul trait car à force de vouloir tout maîtriser à la fois nous ne maîtrisons rien du tout. Qui trop embrasse mal étreint. Ainsi nous pensons que les activités sportives à l’échelle communale doivent être la priorité des priorités. Il faudrait tenir compte de la réalité de chacun des établissements scolaires à l’intérieur de chaque commune en termes de besoins et de capacité.

Cela dit, nous pensons qu’un ensemble de dispositions à prendre pendant toute une année s’imposent d’abord avant de se lancer dans des décisions qui obéissent plus à une logique de justification financière ou à une quelconque pression si on veut réellement mettre sur pied de très bons jeux scolaires et arriver à de très bons résultats sur le long terme:

1- Implication d’autres entités locales
Il faudrait chercher à impliquer davantage d’autres entités locales en dehors des responsables des deux ministères (Jeunesse, Sport et Action civique et Education Nationale et Formation professionnelle) : la mairie, la délégation. Nous devons nous concentrer d’abord sur le remembrement du sport local au niveau communal puis niveau départemental et finalement à l’échelle nationale. Comment a-t-on osé appeler ces jeux nationaux alors qu’ils ne peuvent même pas être communaux voire départementaux ? C’est vraiment avoir les yeux plus gros que le ventre selon l’expression très connue.

2- Identification, Réhabilitation ou Construction d’espaces de jeux
Les premiers efforts devraient être concentrés autour de cet objectif. Que le problème d’espaces conformes soit résolu une fois pour toute, que ce soient des espaces publiques ou privées. Un accord serait à trouver avec les responsables d’écoles privées;

3- Qu’il y ait un protocole d’accord signé par les directeurs et directrices d’écoles qui les engageraient à s’impliquer de façon plus active dans la tenue et dans la réussite des Jeux de la Renaissance à plusieurs niveaux :
- Favoriser l’accès de leurs établissements aux travailleurs des deux ministères quel que soit leur degré d’implication.
- Mettre à disposition leurs élèves en vue de participer à ces jeux.
- Obligation leur serait faite de créer un minimum d’espaces pour la pratique de sports faciles à encadrer et à mettre en place à l’intérieur même des établissements comme le basket et le volleyball par exemple. Car il est difficile de parler de jeux scolaires peu importe l’appellation qu’on leur donne si à l’intérieur des établissements eux-mêmes les élèves ne s’adonne à la pratique d’aucune activité physique et sportive. C’est ce qui explique que les jeux concernent seulement le football.

4- Formation et choix des moniteurs
- Niveau scolaire exigible : au moins baccalauréat deuxième partie (philo) pour être accepté comme moniteur. Ils doivent pouvoir tenir un certain niveau de conversation et s’exprimer dans un langage correct et acceptable pour pouvoir être pris au sérieux dans leur travail.
- Suivre une formation d’une année sous l’égide d’un professeur d’éducation physique et sportif (EPS) au niveau local ou national.
- Ces derniers doivent être munis d’un badge prouvant leur affectation.

5- Choix d’une commune pilote dans chaque département en fonction de l’apport sur le plan économique, de l’influence politique, du poids démographique et de la fréquence des activités sportives et socioculturelles.

6- Choix d’écoles pilotes
Celles qui auront la capacité à recevoir au moins deux disciplines sportives seront retenues pour intégrer l’expérience pilote et participer aux jeux scolaires de la Renaissance dans la commune choisie. Le choix de départ peut-être 4, 6…

D’autres écoles intègreront le programme l’année d’après si elles prennent des dispositions pour satisfaire les exigences requises pour faire partie du programme. D’année en année on aurait un éventail plus large d’écoles qui auraient répondu aux critères demandés. D’où la mise en place de ce que l’on appelle une « Charte de jeux scolaires »

Nous pensons que les jeux scolaires ne devraient pas être seulement une affaire de football. Qu’il y ait des jeux organisés dans plus de disciplines sportives pas seulement le football et qu’il ait des moniteurs formés portant un badge prouvant qu’ils sont affectés pour faire ce travail et qu’il y ait à côté des instances locales représentant les deux ministères de tutelle, une troisième entité indépendante composée de techniciens qui iraient sur le terrain encadrer les moniteurs, surveiller leur travail et produire des rapports hebdomadaires sur ce qu’ils auraient vu et qui pourraient aussi faire des propositions sur d’éventuelles modifications et orientations à donner à ces jeux.

Nous pensons aussi que la création d’une Charte des Jeux Scolaires éviterait tout quiproquo entre les parties qui seront impliquées dans la tenue de ces jeux : y figureront les conditions, critères de sélection, profil des écoles ou autres. Cette expérience pourrait être répétée tous les deux ans dans le choix d’une nouvelle commune en respectant le même procédé. Ainsi l’on pourrait penser à organiser à coup sûr de vrais jeux sportifs intercommunaux puis nationaux. Alors faisons nôtre ce vieux dicton qui dit que « l’oiseau fait son nid branche par branche » pour qu’en fin nous arrivions à la réalisation de vrais jeux.

Milot Nestor, professeur d’Education Physique et Sportive

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Nombre de commantaires (2)

L'arroseur dit: 18/06/2008-09:31

Bon article Milot. Nan tout pays organise education sportive se yon clas tankou tout lot clas. Ou ka double yon clas si ou pa pase sport. Poukisa sa diferan jacmel.

erndelma1 dit: 18/06/2008-14:08

"Mens Sana in corpore sano." dit l'ancien adage. "Un esprit sain dans un corps sain"
Le sport a toujours été reconnu comme essentiel à toute formation adéquate de l'humain. Les humanistes du XVI siècle(Rabelais, Montaigne) en avaient fait une condition première dans le façonnement des tempéraments par une soumission assidue à des exercices physiques rigoureux, et partie intégrante de la pédagogie enseignante. Dans les écoles publiques ou privées d'autrefois, on décrochait l'épithète de "Kô mou, de san lèlèm" quand on ne possédait pas cette rigueur mesurable et exigible. De là sortait la naissance du football dans les écoles anglaises. On pensait que l'enfant contraint à la rigueur du sport éducationnel promettait davantage qu'un corps mou et avait plus de chance de succès dans la vie.
Basé sur cette philosophie éducative, je pense que cet article de Milot devrait susciter beaucoup d'intérêts des parents, officiels et instituteurs quant à fournir une formation adéquate à la jeunesse Jacmélienne. J’ai mentionné dans un précédent commentaire que la renommée actuelle de Jacmel est un peu relative pour être seulement fondée sur l’éphémère. Nous avons besoin de consolider nos branlantes acquisitions par de plus solides réclamations sociales et humaines à travers le solidement organisé et l’enclenchement d’un enthousiasme particulier pour le sport, la philosophie, la science et la technique chez le jeune Jacmélien sans laisser tomber l’imaginaire qui nous est si cher. Nous devons être compétitifs sur le plan national et international pour aspirer à un rayonnement durable. Actuellement nous ne vivons que du souvenir des morts. Ce que nous a laissé les Alcibiade Pommeyrac, les Edmond Paul, les Magloire Ambroise, c’est tout ce dont nous sommes fiers, rien de réellement modernement concrètement spectaculaire. Héritage, d’ailleurs, que nous ne pouvons même pas entretenir faute de moyens financiers, techniques, technologiques et logistiques et, qui pis est, faute de moyens moraux parce que les volontés désintéressées n’existent pas ou existent peu, trop peu pour prétendre réajuster les choses ou vaincre l’inertie de tout le monde. Jacmel ne peut pas se payer le luxe d’avoir plus de groupes musicaux que des groupes de formation technique pour encadrer les jeunes esprits. Nous devons mettre sur pieds de bons programmes sociaux y inclus le sport et la technique. L’École Industrielle de Jacmel par exemple pourrait être remise sur pied dans le cadre du programme de sauvegarde du patrimoine Jacmélien en attendant la construction et l’inauguration d’une école polytechnique complexe et complète. C’est pas impossible. Et quand bien même il le serait, on devrait se souvenir qu’à l’impossible nul n’est tenu et qu’on doit s’engager à envisager l’impossible pour le meilleur.
Je souhaite que les parents et les instituteurs Jacméliens vous prennent aux mots Milot et aident à implémenter avec les moyens du bord un vaste programme de formation physique pour les jeunes Jacméliens. Ce serait un bon début. Surtout en cette période de grandes vacances, ils auraient du pain sur la planche à ce niveau-là et auraient plus de chance de surmonter les déboires individuelles et collectives propres à nous autres haïtiens. A long terme et à coup sûr, de cette initiative sortira une poignée de bons citoyens répondant à l’urgence de la renaissance Jacmélienne et Haïtienne.
Allons-y Jacméliens, pensez, agissez, discutez, planifiez. Et si en route l’argent fait défaut, pensez à Lafontaine « C’est le fond qui manque le moins. » Et à l’autre « L’argent ne sera jamais rien plus qu’un moyen. » Ne faites jamais rien sans amour. Aimez Jacmel et aimez Haïti. C’est un peu fou, n’est-ce pas. Indulgence que c’est plutôt.

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