Le comité de soutien au journaliste Duly Lambert écrit au ministre Hériveaux

Delmas le 21 avril 2014 Monsieur Rudy Hériveaux, D’abord, le « Comité de soutien au journaliste Duly Lambert » a hésité de vous écrire. Même si vous êtes l’actuel ministre de la Communication, le comité avoue qu’il n’était pas évide
Le journaliste, en quête de plus d’informations sur la situation de crise à l’Ona avait essuyé un refus ferme de votre part, arguant avoir déjà répondu à la question posée. Le refus a moins surpris, moins choqué, moins scandalisé que la mise en contexte insidieuse, imbibée d’un pseudo hommage au feu journaliste Duly Lambert. Le comité et de trop nombreux journalistes ont relevé un amalgame troublant dans vos propos. Qu’est-ce que la mort de Duly Lambert, la contribution que vous avez faite alors que vous n’étiez pas encore ministre vient chercher dans le soit disant mise en contexte d’une réponse à une question que vous n’avez même pas voulu répondre sur la situation» ? On est soit dans le burlesque, le cynisme ou le grand ridicule. Ici, hélas, ils ne tuent pas. Alors, le comité, s’adresse à Monsieur Rudy Hériveaux. Vous, le citoyen, le 22 mars 2013, de votre plein gré qui avez apporté 5, 000 gourdes cash à radio Ibo à l’attention de ce comité chargé de lever des fonds pour financer les séances de chimiothérapie de Duly Lambert, atteint d’un cancer du système lymphatique. Cette contribution que vous avez qualifiée de« modeste » la semaine dernière a été pourtant très utile. Elle a été, comme d’autres, en espèce, tableaux, livres et bijoux, inestimables. Dans ce « pot de solidarité », chaque contribution, chaque prière avait son pesant d’or dans la lutte contre la maladie. Les 5, 337 dollars américains et quelque 634,000 gourdes collectés et remis au couple ont permis de financer les premières séances suivies par Duly Lambert en Haïti. Courageux, Duly Lambert ne venait pas travailler que le jour suivant chaque séance. Il était à l’antenne. Il suffisait, M Rudy Hériveaux, d’écouter le 98,5 Fm tous les matins. Il vous aurait suffit aussi d’appeler, comme d’autres l’ont fait, pour vous enquérir de ses nouvelles. Le 6 janvier 2014, c’était son dernier jour de travail. Il avait laissé le pays à destination de Cuba pour poursuivre la lutte contre sa maladie, le cœur plein d’espoir de vivre un jour de plus. Pour lui, pour son fils de 10 mois, pour sa femme, pour sa famille, ses amis et son pays. Il est, au regard de cela, incorrect de parler de « désert » en terme d’information sur l’état de santé de Duly Lambert sans avoir demandé des informations. D’un autre coté, les informations sur l’utilisation des fonds collectées, quoique vous ayez affirmé n’avoir aucun intérêt à les connaitre, sont disponibles. Le comité, Monsieur Rudy Hériveaux, croit dans la reddition des comptes à chaque donateur. Le 3 avril, quelques semaines après son retour de Cuba, Duly Lambert, condamné, s’est éteint chez lui, entouré des gens qui l’aiment. Mis en terre quelques jours après, son nom, par vos soins cher ami, revient dans l’actualité dans votre mise en contexte insidieuse, empreinte d’un pseudo hommage. Le comité, Monsieur Rudy Hériveaux, croit que la solidarité ne déleste en rien un homme dans le besoin de sa dignité. Il estime aussi qu’un don n’est pas un investissement, encore moins une muselière. Le comité, conscient de l’inélégance du geste, se trouve dans l’obligation de vous retourner vos 5,000 gourdes par chèque de direction dans les vingt-quatre heures. En toute solidarité. Pour le comité de soutien au journaliste Duly Lambert Marie Raphaëlle Pierre Master I en journalisme Directrice de la Salles des Nouvelles de Radio Ibo


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