Mache kare et le carnaval de Jacmel

La fête a commencé dans la soirée du samedi 30 Janvier, au port touristique de Jacmel avec le traditionnel cocktail poétique. A Jacmel tout est tradition, les ``madigra vaz`` ouvrent toujours la saison carnavalesque comme la poésie annonce le carnaval national, la veille au soir. Pendant plusieurs heures le public est resté suspendu aux lèvres des poètes qui disaient leurs textes comme pour apprivoiser Dionysos et les Muses, maitre et maitresses du Carnaval.

Cette année encore, la mairie de Jacmel, les ministères de la Culture et du tourisme ont profité  du cocktail poétique pour présenter au public leurs reines.

 

Le cocktail poétique ce 2016 a été un succès, le poète journaliste, prix pwezi kreyòl Dominique Batraville 2014, Jacques Adler Jean Pierre y était présent, habille en papa legba. Et pour les habitués, la manager de l’hôtel de la Place, Pascarin Raymond a encore dit plusieurs textes.

 

Les carnavaliers ont dansé une variété de meringues de Port-au-Prince et de Jacmel. Ils ont regardé danser également les groupes de danse de la ville d’Alcibiade Pomeyrac.

 

Vers 22 h, le public a laissé le port touristique , une partie d’entre eux s’éparpillant à  travers les rues pour goûter aux différentes animations que leur offraient les riverains, d’autres se sont rendus au boulevard Pétion Bolívar toujours au bord de la mer. Là entre amis, entre conjoints, en famille, bras dessus bras dessous, sourire aux lèvres, pour certains les yeux dans les yeux,  des  touristes  se promenaient avec comme seuls complices la brise fraiche de la mer des caraïbes sur leur visage et leur intimité.

Les adultes discutaient, causaient, blaguaient, draguaient pendant que par ci par là  des enfants s’adonnaient à des jeux de cache- cache, ou sirotaient leur crème à la glace. Les meringues carnavalesques diffusées par un DJ de la que Ste Anne essayaient de couvrir celles de Colin’s Hotel

Puis vers 23h30 le boulevard se vidaient d’une partie de ses occupants qui le remontaient jusqu’au centre de convention, traversaient la place du panaméricanisme, ou une foule constitué essentiellement de jeunes dansaient  pour se rendre à la base ``Sous le manguier de la rue Isaac Pardo, fief du célèbre ‘’ mache kare’’.

Mache kare, une tradition  veille de 60 ans

Tous les habitués au carnaval de Jacmel,  connaissent le mache kare, un groupe de ‘’madigra’’ constitué essentiellement de jeunes filles et  garçons qui, à poil, sous  un drap blanc après mettent  de la poudre blanche pour bébé à leur visage. Certains préfèrent la farine à la poudre. Le Mache Kare ne sort que le samedi soir.

Contrairement au défilé du dimanche carnaval national qui rend hommage aux muses, le ``mache kare``, lui qui  investit ‘’le béton’’ le samedi soir vers les 23h 30 –minuit honore en grande pompe Dionysios.

On dit que parfois, des filles nues rejoignent leur homme aussi nu sous le drap, pour se fusionner tout au long du parcours.

Le groupe de madigra est accompagné de musiciens qui jouent pendant qu’une de  la foule chantait, criait :’’ Mache kare vin pran yoyo flannè’’, pas besoin de vous dire que le public ne se contente jamais de dire ‘’yoyo flannè’’, l’autre partie de la foule repondait ‘’se pa boudaw vlel’’. Avec cette musique le groupe de ‘’madigra’’ Mache Kare qui s’apparente à un groupe de zombi, parcourt les rues de la ville de minuit à 3 heures du matin. Comme pour dire aux jacméliens ‘’Réveillez vous le carnaval c’est dans quelques heures!!



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