FILAH, un menu diversifié et copieux servi aux amants du livre

Le week-end du 9 au 11 décembre était consacré aux livres. La foire internationale du Livre d’Haïti, organisée dans le cadre attrayant du Palais municipal, s’est, encore une fois révélée, non sans la bonne facture à laquelle tout un chacun s’attendait, un rendez-vous majeur. Incontournable. Une manifestation d’envergure qui légitime la place du livre dans la construction de l’être. Oui. « Le livre se tient debout avec tout ce qu’il a de beau, de concédant, de constructif, de sublime et de passionnant », pour gloser les propos de Miline Azor, cheville ouvrière des éditions Miroir, ce que ne démentent pas Jean E. Jacquet et Jean Mino Paul, les deux figures de proue des éditions Ruptures….

Le premier constat, c’est qu’un public survolté a pu s’emparer à vif de l’invité d’honneur, notre Gary Victor toujours aussi enthousiaste et infatigable. Les maisons d’éditions, pour leur part, ont reçu des visiteurs de toute catégorie d’âge, écoliers, étudiants et professionnels, tous absorbés par un besoin intense de livre. Ce qui prouve que le livre est promis à un bel avenir. Autour des livres et des écrivains, un menu enrichi d’un assortiment copieux d’activités a été servi au public : conférence, projection, spectacle théâtral, causerie... Des surprises, il en pleuvait à profusion. Et la direction nationale du Livre dirigée par Frantz Carly jean Michel, peut se targuer à cor et à cri de la facture de cette manifestation appelée à sustenter l’urgence de lire et à sensibiliser aux valeurs de la lecture dans la vie quotidienne.

 

Qui ne souviendra de la prestation de la bande Foula qui a pulvérisé d’ivresse ? Qui ne gardera en souvenir les belles histoires fantastiques contées et chantées par une Joujou Turenne toujours au top de sa forme ? Qui oubliera ces hommes et ces femmes affublés, au visage barbouillé de poudre métallique, qui se sont offerts en spectacle. De vraies statues. Tout le monde y a cru au premier regard. Seuls les plus curieux, comme moi bien sûr, ont pu vite remarquer un malin battement de cils. Et c’est en quelque sorte, ce qui a aiguisé sans nul doute l’appétence de tout un chacun. Tout le monde était séduit. Ce qui m’a ébahi dans les différentes représentations du centre Layite,  c’est le fait de savoir qu’ils étaient des hommes et des femmes à pouvoir jouer avec une rare dextérité majorée d’une astuce des plus décapantes.  « Ils sont de vrais acteurs, puisqu’ils ont  fait de nous les complices impénitents de leur jeu », a laissé entendre une écolière, humeur recueillie par un sourire franc et satisfait.

 

Ces statues vivantes, sous la férule du centre culturel Layite, ont bercé avec émerveillement. Avec des pans d’histoire et de tradition bien adaptés, elles se faisaient porteuses de moments forts qui habiteront encore longtemps notre imaginaire. Défilé la Folle, Catherine Flon, Erzulie Dantor, manman Immaculée, marchandes, paysans et paysannes… Bien des figures historiques et traditionnelles ont été campées avec la complicité d’un aréopage d’artistes dont Nahomie Ulysse, Islande, Anderson Alexis, Ricardo Altidor, Daphnie Desravines pour raviver de vives passions qui ne cessent de hanter notre âme de peuple.

 

L’inconscient collectif était  en éveil.  Les smartphones, vrais capteurs des moments d’ivresse et de folie, n’ont pas chômé et ont joué leur part à cette quête de semblance et de regain identitaire. Berthony Jean Richelieu Lanot, directeur du centre culturel Layite, n’a pas tu ses émotions. « Je suis heureux de voir à quel point les statues qui représentent des tranches de vie collective, ont attiré un public qui avait rendez-vous avec des livres»,  s’est exalté le jeune diplômé en art, originaire de Dajabon.

 

La DNL a offert une 4e édition de sa foire internationale du Livre d’Haïti, plus diversifiée et plus avancée en matière d’organisation.

 



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