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L’opinion impartiale - Les retombées multiples de nos exaltations populaires
Clin d’œil d’un patriote----Soumis à Bonzouti.com ce 25 Juin 2012-----La détermination ci-devant non-négociable du gouvernement Martelly-Lamothe d’organiser le prochain Carnaval des Fleurs n’a pas cessé, d’ailleurs comme toujours chez nous, de faire couler l’encre et la salive. Dieu merci le sang ne se mêle pas de la partie, du moins pas encore; et je souhaite que l’entité cramoisie reste absente, pour toujours désormais, au sein de notre refonte d’idéaux, d’idées ou d’idéologies. Pourquoi y-a-t-il toujours ce désir solide, pour ne pas dire sordide, d’une catégorie de notre société, de se prononcer avec légèreté et sans conviction ou simplement contester certains ou tous les efforts de l’état tentant de desserrer l’étau autour de la tête du moribond que notre nation est devenue. Pour les gouvernements bien-intentionnés, nous sortir du marasme général par quelque moyen contraignant n’a jamais été un morceau de gâteau tiède à point à déguster ou un verre d’eau douce à boire. Martelly et son administration savent parfaitement qu’ils ne sont pas les premiers à affronter notre diversion politique préméditée parfois dans toute la robustesse de sa non-justification.
Les contestataires ne sont que ça, des rebelles avant tout. Et en tant que tels, ils ne parviennent pas toujours à des arguments convaincants pour diluer la forte saveur d’incompréhension qui entache leur combien contestable observation. S’ils trouvaient ces arguments-là, ils ne pourraient pas tout à fait les maîtriser, se décider en quelque sorte de leur neutralité si préoccupés à contester qu’ils sont. Certains amiables dont moi, pardonnez cette présomption de ma part, en ont assez de tempêter, exemples à l’appui, que quelque chose de bon peut sortir d’une décision gouvernementale que l’on ne croirait pas aussi sage ni aussi prometteuse que ça. Je soutiens encore que nos fêtes populaires, quel que soit leur nature, peuvent avoir des retombées sociale, économique et même politique insoupçonnables. Elles ne sont pas que l’un des quatre B (Bamboche-Bal-Bouillon-Boisson) attribués à pas mal de gouvernements qui voudraient par ce moyen amadouer le crétin social, j’entends par-là ceux-là qu’on courtise sans les aimer, par point d’honneur ou par ambition politique.
Les retombées économiques même quand elles sont éphémères sont les plus importantes contributions des fêtes populaires aux engrenages pourris de la vie nationale Haïtienne. Le plus grand motif du grincement de dents de la part des détracteurs quant à l’organisation des bamboches populaires serait le consentement de subvention économique provenant des caisses publiques. Ce débours périodique concédé avec une condescendance suspecte par l’état pourrait se faire dans des secteurs spécifiques plus utilitaires pour résoudre des problèmes distinctifs et soulager des misères précises, prétend-on compréhensiblement. L’argument fort que l’état haïtien ne réfléchit pas assez ni ne sait où investir sa pitance économique est de taille et réaliste, il faut le reconnaître. Aucune portion de bénéfice du doute n’est accordée à l’état, bien-intentionné peut-être, pour atténuer le désaccord.
Mais, tout compte fait, les chevaliers de la décision du gouvernement devraient, à mon humble avis, pouvoir haranguer qu’aucune subvention de l’état, dans aucun pays du monde n’est jamais tout à fait rentable ni n’est injustifié. L’état, différemment au secteur privé, investit pour assouvir sa prétention de vouloir améliorer les conditions sans le pouvoir, pour donner une logique à la lutte quotidienne, pas pour réaliser de gros bénéfices. La rentabilité des subventions étatiques réside dans l’amélioration des petites misères économiques quotidiennes ou saisonnières qu’elles voudraient apaiser. La survie éphémère qu’elles procurent à ceux-là qui veulent lutter et espérer demeure sa logique.
N’est-ce pas que les petites entreprises plus que les grandes qu’elles renflouent se regorgent de petites démêlées passagères nées à la faveur des fêtes populaires qui font avancer la quotidienneté des choses de la vie? Au nom de l’inévitable « cinq centimes sur la gourde » les marchands qui habillent nos trottoirs de leurs chimères de vivre et de leurs délires jacassant tirent prérogative de nos ripailles culturelles que certains croiraient plutôt insipides. N’est-ce pas que la chute d’une nation commence plus dans la rue que dans les bureaux climatisés et que sa grandeur est vraiment entre les mains des têtes et estomacs creux qui se font un devoir d’être debout quand les têtes pensantes et estomacs remplis ronflent et bavent encore?
Les petits détaillants de confiserie, de cigarettes, de pistaches grillées, de prêt-à-manger, les bricoleurs de chaussures fabnac et sandales de caoutchouc, les cireurs de bottes, le petit commerce en général bouge et sue pour éviter la stagnation économique déjà mortelle chez nous, la sueur coule pour éviter ces maladies dont les fêtes populaires ne sont pas forcément porteuses, la salive coule dans des refrains pas toujours à souhaiter mais qui préviennent la désolation humaine, l’encre aussi coule pour mettre le pot au feu chez les laboureurs de la plume, grands ou petits. Somme toute, nos fêtes populaires sont les maux nécessaires de la situation économique et politique à l’Haïtienne. Elle empêche cette ordonnance fatale, semblablement divine et prononcée par un dieu barbare, qui nous ronge en catimini. Les commémorations populaires sont un support à quelque chose plus sage qu’on ne le croirait, il ne reste qu’au déficit de pensée propre à nous-autres de vouloir faire merveille au moins pour une fois en vue d’apporter sa propre contribution visant à rendre nos bamboches culturelles, dont le prochain carnaval des fleurs, aussi rentables que possibles.
Dans cette perspective, à côté des festoies populaires habituelles, des congrès religieux, protestant, catholique, adventiste, pentecôtiste, wesleyen, anglican, témoins de Jéhovah ou simplement œcuménique devraient avoir lieu en des périodes spécifiques de l’année, en temps d’accalmie sportive, par exemple, pour rendre le stade Sylvio Cator ou autres stades du pays rentable(s) à la Fédération Haïtienne de Football. L’argent récolté en ce sens pourrait tout au moins être dépensé pour maintenir le(s) stade(s), entretenir les sélections nationales et, qui sait, bâtir d’autres complexes sportifs. Le sport n’est-il pas l’autre bamboche populaire que tout le monde chérit et dans lequel une quelconque dépense ferait bien sourire les détracteurs inconditionnels?
Ernst Delma (fanmijakmel.com)
Source: Bonzouti.com
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