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Discours du politologue Roland Joseph à l’occasion de la semaine de la Jeunesse à la bibliothèque Roussan Camille, ce 13 Avril 2012.

Le 15/04/2012 à 03h56. | Par Roland JOSEPH Conseillé aux affaires politiques de Jeunesse Montante. 13 mars 2012.

‘’Il n’y aura plus de changement en Haïti tant que les Jeunes haïtiens qui représentent environ 70% de la population nationale ne participeront pas directement dans la vie politique.’’ Roland Joseph.

Discours du politologue Roland Joseph à l’occasion de la semaine de la Jeunesse à la bibliothèque Roussan Camille, ce 13 Avril 2012.
« Semaine de la Jeunesse Haïtienne » propos de M. Roland Joseph, Conseillé aux affaires politiques de « Jeunesse Montante »
Monsieur le président de la “ Jeunesse Montante”
Les membres du Conseil d’Administration de « Jeunesse Montante »
Madame la Directrice de la Bibliothèque Roussan Camille de Jacmel
Monsieur le Représentant de l’IDEA International
Mesdames Messieurs les membres de la Presse
Mesdames Messieurs les représentants des Associations de Jeunes
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Je suis profondément heureux de participer à ce grand rassemblement de jeunes qui restera dans l’histoire comme l’une des plus grandes manifestations des jeunes en Haïti.
La « Semaine de la Jeunesse haïtienne » est une occasion en plus pour nous autres jeunes de réfléchir sur un ensemble de problèmes qui concernent notre République. Plus de deux cents ans après son indépendance, Haïti, la première République noire du monde cherche encore son chemin de développement. Il n’y aura plus de changement en Haïti tant que les Jeunes haïtiens qui représentent environ 70% de la population nationale ne participeront pas directement dans la vie politique.
Je crois que le moment est venu, pour, non seulement nous mettre ensemble, mais aussi inaugurer une nouvelle ère de responsabilité citoyenne chez tous les jeunes à travers les dix départements du pays et dans la diaspora. Une ère dans laquelle nous formons un front uni pour le bien être collectif et la réussite de tous les haïtiens sans distinction. Trouver une alternative à ce moment difficile que traverse notre « Singulier petit pays » exige la participation de tous les haïtiens particulièrement les jeunes.
A l’occasion de cette « Semaine de la Jeunesse haïtienne », nous souhaitons que tous les jeunes se ressaisissent dans une dynamique pour reconstruire la nation haïtienne autour d’un projet commun. Il est temps de construire une coalition de jeunes honnêtes et dévoués pour défendre les causes de la nation et répondre aux défis de l’heure. Une coalition de jeunes qui mettra fin aux exclusions afin d’implanter une démocratie qui impliquera le pluralisme idéologique et l’alternance politique et défendre les droits inaliénables du peuple haïtien.
Génération après génération, tout au long de notre histoire, des jeunes comme nous ont été toujours à la tête de toute une série de mouvement sociopolitique (1804, 1946, 1956, 1986…). Aujourd’hui encore nous sommes debout pour éveiller les esprits, conscientiser les masses défavorisées, nous sommes debout pour jouer notre rôle d’avant-garde. Nous sommes debout pour réclamer l’éducation civique de nos frères et sœurs à la manière d’Antenor Firmin, Edmond Paul, Demesvar Delorme et Louis Joseph Janvier. Ces intellectuels tentèrent de former des partis politiques démocratiques et prirent parfois les armes pour défendre leurs idéaux afin de choisir des gouvernants honnêtes capables de défendre les intérêts fondamentaux et prioritaires de la nation.
Si après plus de deux siècles nous posons les mêmes problèmes c’est parce que notre génération a une mission et nous ne devons pas la trahir. Il faut coûte que coûte l’accomplir pour le bien être collectif.
Pour accomplir cette tâche historique il nous faut intégrer les structures politiques. Avec la chute du régime de Baby Doc en 1986, une nouvelle constitution a vu le jour. Et cette nouvelle charte prévoit un nouveau système politique basée sur la démocratie représentative. Pour renouveler les dirigeants au pouvoir il faut nécessairement passer par les élections selon les prescrits de la constitution du 29 mars 1987 d’où l’importance des partis politiques. L’élection constitue le fondement même de la démocratie, le pouvoir politique n’est légitime que s’il est exercé par le peuple par l’intermédiaire de ses représentants dûment désignés.
Autrefois, le pouvoir politique a été l’apanage des personnalités individuelles, aujourd’hui pour conquérir le pouvoir, il faut appliquer les principes démocratiques à savoir : être issus d’une organisation politique. Les partis, nous dit le sociologue politique français Maurice Duverger possèdent une origine électorale et parlementaire. Le Secrétaire général de l’Organisation des Etats Américains César Gaveira disait qu’ « Une démocratie dans laquelle il n’est pas possible d’articuler les intérêts de la société à travers les partis politiques est une démocratie extrêmement faible ».
En Haïti, nous n’avons pas effectivement cette pratique de nous organiser de manière permanente autour d’un projet politique commun en vue de conquérir le pouvoir par le truchement des élections libres et honnêtes. Dans l’histoire des partis politiques en Haiti, nous relevons justement deux grands partis politiques rivaux, il s’agit de :
Le Parti Libéral ayant pour deux grands chefs de file Boyer Bazelais et Edmond Paul. Ce parti était dirigé par des mulâtres intellectuels et utilisait le slogan « le pouvoir au plus capable ».
Le parti National ayant pour chefs de file Septimus Rameau puis Lysius Salomon et avait comme slogan « le plus grand bien au plus grand nombre ». Ils étaient tous des propriétaires fonciers noirs et conservateurs.
Au moment où nous parlons Haïti, compte énormément de partis politiques. La plupart d’entre eux existe malheureusement au moment des élections et ne disposent pas d’un programme politique répondant aux besoins de la population. En plus de cela ils n’ont pas une politique pour recruter les jeunes cadres du pays. Il revient à nous les jeunes de nous mettre ensemble afin d’offrir une autre alternative pour une meilleure conquête du pouvoir. Tant qu’il n’y aura pas de partis politiques sérieux qui prennent les reines du pouvoir Haïti ne sera jamais un pays sérieux.
Merci
À bon entendeur salut.

Source:Bonzouti.com

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