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Insertion demandée. Sénateur Joseph Lambert : entre Manipulation et stratégie politique

Le 31/03/2012 à 02h38. | Par Roland Joseph

« Votre jeu est dangereux, Monsieur Lambert…» voilà comment Daly Valet qualifiait le comportement du 3e sénateur du sud ‘est dans ses commentaires à l’émission « Vision 2000 à l’Ecoute » le vendredi 17 Février 2012. Le sénateur Moise Jean Charles, ennemie farouche du chef de l’état, a également dénoncé dans la presse les manœuvres du président de la République de se débarrasser du premier ministre Gary Conille. Le sénateur du nord a accusé certains sénateurs-candidats proche du pouvoir dans cette manœuvre politicienne.

La démission du chef de gouvernement est sans conteste l’œuvre de certains sénateurs proche du pouvoir en place, entre autres sénateurs Joseph Lambert et Youri Latortue, en complicité avec le président de la république. Ce dernier avait annoncé son soutien au 3e sénateur du sud-est pour les prochaines élections sénatoriales.
Quand le président de la république qui est le garant de toutes les institutions a annoncé publiquement son support à un sénateur-candidat, en plein cœur du carnaval national de Jacmel le dimanche 12 février 2012 en présence de plusieurs milliers d’haïtiens et étrangers, tous les « citoyens responsables » devraient se questionner.
La démocratie ne consiste pas à déposer un bulletin dans une urne, déléguer les pouvoirs à un ou plusieurs élus, puis à se désintéresser, s’abstenir, se taire pendant quatre ans, cinq ans, six ans. Elle est l’action continuelle du citoyen. C’est ce qu’on appelle la «responsabilité citoyenne». Le salut d’Haïti ne viendra pas d’un homme ou d’un groupe d’homme mais des citoyens conscients de la situation lamentable de ce pays.
La réélection de certains sénateurs comme Joseph Lambert, Youri Latortue devrait tout simplement dépendre du bilan de leur passage au Senat de la république et non pas d’un président qui dénonçait avec fracas le système que défendait l’ancien coordonnateur général de l’INITE.
On est en droit d’espérer qu’à partir du moment où le premier mandataire de la nation déclare ouvertement sa préférence pour un candidat avant même le déclenchement du processus, le conseil électoral provisoire sera totalement contrôlé par le palais national et les nouveaux alliés du président.
Il va de soi qu’il ne saurait être question d’élection libre, honnête et indépendante. Tout le monde connait l’injustice choquante qui préside souvent à la répartition des sièges sénatoriaux d’un département à l’autre, ou des sièges de député dans les circonscriptions.
Le sénateur Joseph Lambert gagne toujours, se plaise à répéter ses partisans dans le sud-est. Elu député en 1990, « le commandant Lambert » pour reprendre Moise Jean Charles a présentement le contrôle de presque toutes les directions départementales du sud-est. Qui veut aller au ciel du pouvoir politique ou intégrer l’administration publique doit nécessairement passer par le bras droit du chanteur président Michel Martelly: M. Joseph Lambert.
En Haïti, la plupart de nos politiciens sont trop attachés au pouvoir. Quand on est trop attaché voire obsédé du pouvoir on n’arrivera pas effectivement à définir des objectifs conformes à l’intérêt national.
Le théoricien politique anglais, Thomas Hobbes disait que l’état a pour impérieux devoir de protéger les citoyens. En Haïti, la politique de l’avis de certains observateurs ne tient pas compte de l’intérêt commun mais clanique. Alors que le principe démocratique fait des élus des mandataires qui doivent exécuter les vœux des mandants. Les politiciens haïtiens notamment ceux qui sont au pouvoir ne veulent plus en prendre congé (pouvwa a dous).
Le retour du général Charles de Gaule au pouvoir se fait après plus 12 ans d’absence. Il l’avait quitté en 1946, étant en désaccord avec le projet de constitution et entre dans une période de lutte contre la quatrième république jusqu’en 1953. Puis c’est la traversée du désert jusqu'à son retour sur le devant de la scène en 1958. Un homme d’état est un responsable, il défend toujours les intérêts supérieurs de la nation. La majorité de nos politiciens sont des hommes de l’état. Ce sont des prisonniers de l’état.
L’ancien premier ministre Jacques Edouard Alexis, n’a pas pu prendre ses distances au régime du Président Préval. Après ses déceptions à la primature, tout le monde pensait qu’il allait se retirer de la vie politique et ne plus collaborer avec René Préval. Quelques mois plus tard M. Alexis redevient le bras droit du président qui l’a sacrifiée. Il représentait le candidat de la plateforme présidentielle, mais une fois de plus, René Préval n’a pas hésité de couper son élan électoral en favorisant le patron du CNE, M. Jude Célestin. Et s’il était issu d’une organisation politique ayant un projet de société et un agenda politique bien établi il éviterait peut être cet échec politique.
Tout le monde doit reconnaitre que l’état est responsable de la modernisation de la politique, qu’il lui appartient de renforcer les institutions politiques, de lutter contre les crises et le sous développement, d’orienter, de stimuler et de coordonner les efforts en vue de l’expansion et du progrès communs.
Le sénateur Wenceslas Lambert a avoué sur Vision 2000 à la rubrique Invité du jour présenté par Valery Numa qu’il n’a pas été membre de la plateforme Inite mais un supporteur de cette plateforme. Cette organisation politique se compose de plusieurs autres structures dont «Konbit Sidès». Si cette organisation sociopolitique régionale fait partie de la plateforme Inite et que Monsieur Lambert est un dirigeant de cette institution politique normalement le 2e sénateur du sud-est est membre de la Plate Forme du l’ancien président de la république Préval. C’est une incohérence de la part des Lambert.
Les soi disant leaders politiques de ce pays ne croient pas aux partis politiques en tant qu’institutions qui doivent participer à la formation civique des citoyens notamment de leurs membres, la sélection du personnel politique et l’encadrement des élus. Les partis ont pour mission non seulement la conquête du pouvoir mais également la création d’un espace de débats pour influencer la vie politique. Ils ont une fonction d’intégration sociale des groupes sociaux. Quand un parti politique avec des hommes de caractères accédera au pouvoir Haïti sera alors un pays organisé.
Le prédécesseur du président Martelly a souvent répété qu’il n’a jamais été membre d’une organisation politique. Durant sa campagne de 2006, le président Préval a gardé le mutisme pour éviter les débats et les critiques autour de sa vision et de son passé politique. Monsieur Martelly a stratégiquement fait de même au cours de sa campagne électorale tout en dénonçant le système particulièrement l’administration du président Préval. Maintenant on est dans la continuité du système dénoncé par Martelly. La non-continuité que prônait Michel J. Martelly n’était qu’une stratégie pour arriver aux timons des affaires de l’état. «Repons Peyizan» n’avait pas rêvé le pays que nous attendons, «Lespwa» «Inite» aucun de ces regroupements ont échappé au rêve de notre Haïti. Alors continuons dans la continuité sans fin !
















Source:bonzouti.com

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