| Envoyer l'article |
Insertion demandée. Jeu de mots, coup de dague au dos de la citoyenneté au nom de la constitution.
Nous revenons de la fête de fin d’année, et nous nous faisons entendre bruyamment et clairement après le répit ou l’abstinence de déficit de la pensée. Après la danse de fin d’année, le tambour reste mêmement lourd à porter pour la politique à l’haïtienne. Et surtout avec cette rengaine connue qu’est la transformation de notre loi mère, on est vraiment entrain de vendre la peau de bien des loups sans les tuer au préalable; mais la mort morale viendra certainement, comme toujours, pourquoi pas. Nous tous voulons combattre sans les autres et pour notre classe-race, pour notre crasse ferait merveille, mais l’écrivassier serait plus impertinent que véridique. Serait-ce vrai que ‘la vérité est dans les nuances’?
Mais, comment pouvait-on savoir qu’il était si truqué d’être un intellectuel, d’être un homme de loi, d’être un politicien au sens le plus ingénu du terme? Franchement si l’on savait, on se serait abstenu de vouloir être de la confrérie bizarre des gens lettrés et aurait resté enfant, idiot ou crétin, qu’importe, pourvu que… C’est pourquoi tout comme Anatole France, on doit pouvoir préférer « la folie des passions à la sagesse de l’indifférence». On est entrain de clouer au pilori de l’éternelle bêtise sociopolitique bon nombre de nos compatriotes d’outre-mer. Pas forcément qu’ils ont l’intention de s’immiscer vertement dans les affaires politiques des autres sans avoir une bonne raison de le faire, même sans invitation ou qu’ils veulent absolument être chefs, mais ils voudraient pourvoir revenir avec bon coup de ressources et être au moins pris au sérieux par l’establishment, avoir une voix. Pour s’assurer que ce retour ou cette effrayante immixtion ne se produise pas, on est entrain de brûler vive une bonne portion de l’âme du pays Haïtien en choisissant trop intéressement qui l’on veut pour faire les frais de nos débats politiques. Il faut convenir que des idées grandioses qui font avancer Haïti , certaines viennent de ses fils dépaysés pour des raisons aussi nombreuses qu’il y a de lettres dans les alphabets politiques haïtiens, créole et français.
Pourtant Monsieur Jean-Claude Duvalier tout récemment a justement parlé, dans son dernier discours en date, d’un "pays qui heureusement veut retrouver son âme", et ce pays serait Haïti. Mais la constitution, outil pervers, empêcherait. C’est comme si nous disions qu’à la guerre de langues (créole-français), pourquoi ne pas ajouter pour comble d’excuse la guerre constitutionnelle et celle du rester en dehors de nos affaires, flagellant ainsi la diaspora. Mieux vaut faire de deux pierres un seul coup au lieu d’une pierre deux coups. Cependant, mes chers sieurs compatriotes, pardonnez cette impertinence et cette folie de grandeur, mes chers contraires, le mot me manque, mes chers…, il nous faudrait d’abord savoir trouver les mots qu’il faut pour faire l’effet convenable. Ils sont un peu fantoches et mal fagotés parfois, nos bouquets de spéculation constitutionnelle parce que les mots choisis ne tiennent pas le coup.
Mis à part cette peur certaine qui côtoie la haine selon laquelle on voudrait revenir pour devenir des chefs, par exemple « Aucun étranger ne peut s'immiscer dans les affaires politiques du pays », immiscer dans ce cas-ci, ce serait quoi. C’est un peu trop fort. À ce moment-là, on serait prêt à brandir cette intimidation d’immixtion à n’importe quelle remarque naïve tombée des lèvres d’un Haïtien de la diaspora qui viendrait jouir du carnaval national ou assister aux funérailles d’un parent et qui s’était naturalisé entre-temps pour contempler de meilleures conditions d’emploi au pays d’accueil pour pouvoir aider sa famille et ses enfants, une simple remarque telle que la rue est sale ou que les services sociaux ne sont pas rendus à satisfaction serait jugée un cas pendable. Et nous de la diaspora qui voulions être si fiers d’Edwidge Danticat, de René Depestre, de Jean Metellus, de Gilles et de nos centaines de surdoués de toutes sortes et tant et tant d’autres qui, tout étrangers d’origine ou d’origine étrangère qu’ils sont, font scintiller la littérature universelle des descriptions tirées de l’imaginaire haïtien qui tient sa puissance et sa substance de la réalité politique Haïtienne, ceux-là qui font vibrer le monde de toute la puissance de leurs cervelles toutes Haïtiennes. C’est dur de devenir métèque parfois pour des raisons aussi absurdes que de vouloir se faire expert en une discipline scientifique quelconque et revenir ou de vouloir aider sa famille à avancer sur l’échiquier social haïtien, et puis l’on perd tout, même l’âme du pays Haïtien en voulant tout gagner, c’est comme perdre sa vie en la cherchant.
L’on comprend bien qu’on ne doit pas avoir le loisir de venir gâter le festin national; mais, quand on est né quelque part, on est de cette quelque part pour toujours. On devient par penchant personnel ou des raisons majeures, citoyen d’un autre pays; mais personne ne peut renoncer à être d’où son nombril est enterré. Un Américain reste un Américain n’importe où il va vivre, de même pour un Français. C’est vrai que le sceau maudit est toujours apposé là où l’on veut. Quand à moi, que la présidence ou n’importe quelle autre magistrature se rassure et aille au diable, je veux carrément mon tombeau chez moi au bout de la route quand j’aurai fini avec ce jeu de chasse brutale, cette gamme de reniements en chaîne, cette mélopée de crises humaines juxtaposées, ce coït fou de géants angoissés, cette orgie infernale des âmes non-repentantes. Que ma chair pourrisse là où mon nombril est entrain de moisir, quelque part sous la terre d’Haïti. Entre-temps si quelqu’un me mène la vie dure ou que je n’obtiens un service pour lequel j’ai payé ou que je désire payer, je n’ai qu’à rester coi pour ne pas m’immiscer dans les affaires politiques de mon pays d’origine. Superbe façon de faire peur, mais nous de la diaspora avons peur d’avoir peur pour si peu. Si la défense d’immixtion est la formalité et le « mache sou pigaw pou’w pa pile si’w te konnen » la menace, marché conclu alors.
[« Pour un ministre qui est de nationalité étrangère, c'est un étranger d'origine haïtienne. Donc, un étranger ne peut pas occuper la fonction publique. Si vous vous êtes naturalisé, vous ne pouvez pas être ministre »] nouvelliste.com
Quelle perle constitutionnelle et surtout quelle stupidité confirmée. Un homme naturalisé originaire de quelque part ne sera jamais un étranger d’origine, il sera toujours un originaire de son pays, jamais un étranger là. Aucune définition d’aucun dictionnaire n’est en conformité avec cette interprétation farfelue du mot étranger. Un étranger est allogène, hétérogène, allochtone, indigène, autochtone, aborigène, exotique, lointain. Lequel de ces mots enlève l’origine haïtienne dans un haïtien né en Haïti, naturalisé ou pas. Pardon, ce sont des mots, mais qu’est-ce qu’on use pour induire en erreur, les mots, toujours des mots, rien que des mots, mots trop beaux, dits trop tôt. Ô méchancetés humaines, Ô orgueil humain, Ô abus de pouvoirs, Ô sectarisme outré, Ô intelligence inintelligible. Un Professeur de l’Université de Harvard dans le Massachussetts eut à déclarer une fois « Si vous pensez que l’éducation est trop chère, essayez l’ignorance et vous vous rendrez compte combien l’éducation est à prix dérisoire». Ma propre question, c’est quand l’esprit de la loi mère ferait-il mentir la rhétorique souvent vide des tribuns toujours trop éloquents? Nous ne sommes pas entrain de corriger là-bas, nous faisons peur tout court avec la constitution pour instrument de garrottage idéologique. N’oublions pas, pour parodier Jean Metellus, l’un de nos très grands vivants, que « c’est la peur qui crée des monstres ». En de multiples circonstances, la baleine, le requin, le cobra, le léopard ou le crocodile s’en iraient leur bonhomme de chemin, s’acquitteraient de leurs tâches en douceur et dans la paix; mais les prédateurs humains les tapent sur les nerfs puis les gênent, alors ils mordent. Nous autres aimons tant les branle-bas politiques nocifs à la santé morale et spirituelle de la nation, rendant sa santé physique si fragile; et ça fatigue sans jamais aider. Et si nous travaillions ensemble pour la même cause, Haïti aurait une espérance de vie dans la dignité, la reconstruction de l’Homme Haïtien en tout premier, peut-être, aurait lieu. Qu'il croupisse encore dans sa mentalité rétrogradée, dans sa crasse, sur le paillasson universel!
Source:bonzouti.com
Tags:ernst delma
Nombre de commentaire (0)
Connectez-vous pour commenter cette news! ou Inscrivez-vous!
Actualites
Twitter
Facebook