Haïti/Rapport/Droits de l’Homme : Le Département d’Etat américain accable Haïti pour une énième fois

Soumis à Bonzouti.com ce jeudi 24 Mai 2012---Fraude électorale, corruption, détournement de fonds publics, exécutions extrajudiciaires, exploitation sexuelle, viol, surpopulation carcérale, torture sont, en autres, les violations flagrantes des droi
Dans son rapport annuel 2011 sur les violations des droits de l’Homme constatées dans différents pays à travers le monde, le Bureau de la démocratie, des droits de l\'Homme et du travail du Département d’Etat américain, n’a pas ménagé Haïti une fois de plus, en dressant un tableau pour le moins inquiétant de la situation des droits dans le pays. Dans le résumé du rapport, il rappelle qu’Haïti est une république constitutionnelle avec un système politique pluripartite. A ce niveau, on peut se demander sur quelle constitution repose cette république vu que le contentieux autour de l’amendement constitutionnel n’est pas encore résolu. Le Bureau souligne que des allégations de fraude et d\'irrégularités ont été enregistrées lors du second tour des élections présidentielles et législatives du 20 mars 2011, mais elles étaient généralement libres et justes, selon les observateurs internationaux. Il ne manque de signaler l’incapacité du Président de la République, Michel Martelly, à former le premier gouvernement plus de 5 mois après son intronisation, le 14 mai 2011. Rappelons-le, ce gouvernement n’a pas fait long feu à cause d’un malaise profond entre les deux branches de l’exécutif. Le deuxième gouvernement de son quinquennat vient tout juste d’être installé, à qui nous souhaitons plein succès pour le bien-être du peuple haïtien. Un peuple qui souffre déjà trop. A cause de cette situation, le Bureau souligne également dans le rapport que les opérations gouvernementales quotidiennes et la discrétion budgétaire étaient restées dans les mains du gouvernement sortant Préval/Bellerive pendant six mois. Au cours de cette période, il y avait de multiples allégations de violations des droits de l\'homme, de corruption et de détournement de fonds publics. Plus loin, il raconte que, depuis 2004, la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), composée d\'environ 13 000 militaires et policiers et des civils, a opéré dans le pays avec un mandat pour assister les autorités de sécurité et conseiller le gouvernement. Une coopération qui laisse toutefois à désirer si on tient compte en réalité de rapport. Toujours dans le rapport, le Bureau dit que, suite au tremblement de terre du 12 janvier 2010, des gouvernements étrangers, la communauté internationale et beaucoup d’organisations non gouvernementales ont fourni une assistance à la reconstruction du pays, tandis que la MINUSTAH a continué d\'aider à maintenir la sécurité. Le tremblement de terre a effectivement détruit beaucoup d’infrastructure du gouvernement et environ 550.000 personnes sont restées sans abri et vivent dans des camps de déplacés. On ne peut pas ignorer l’apport de nos amis, surtout durant les premiers jours après le cataclysme du 12 janvier, mais parler d’assistance à la reconstruction peut susciter quand même des questionnements. Pour le Bureau, les problèmes de droits de l’homme les plus sérieux dans le pays sont les abus commis par des forces de sécurité gouvernementales et des représentants de la magistrature, y compris les exécutions extrajudiciaires par la police et des responsables gouvernementaux ; les allégations d\'exploitation sexuelle par des membres de la MINUSTAH, et la corruption chronique, grave dans toutes les branches du gouvernement. Très rapidement, on comprend la gravité de la situation. Le rapport fait état des cas de torture et d’utilisation excessive de la force contre des suspects et des prisonniers. Il évoque des problèmes qui ne datent pas d’aujourd’hui comme la surpopulation carcérale, la fameuse question de détention préventive prolongée mais qui restent encore sans réponse. Dans son ensemble, le système judiciaire haïtien est très mal vu. A la lumière du rapport, c’est un système décrié, inefficace, peu fiable et incohérent soumis à l\'influence extérieure et personnelle significative. Le Bureau ne manque pas de souligner le viol, la discrimination sociale à l’égard des femmes, les mauvais traitements dont sont l’objet nos enfants à longueur de journée, et la traite des êtres humains. Des violations qui ne sont pas supportables en plein cœur du 21e siècle. En outre, il relate des cas de violence de foule et de représailles contre les forces de sécurité gouvernementales et des citoyens ordinaires, y compris la mise à feu de maisons, la combustion des commissariats de police, des jets de pierres, décapitations et lynchages. Enfin, le Bureau admet que le gouvernement avait pris quelques mesures pour poursuivre et punir certains responsables gouvernementaux et des agents de la Police nationale d’Haïti (PNH), ayant commis des abus mais il avait aussi des preuves considérables de l\'impunité pour d’autres. Et le Bureau applaudit le fait que le gouvernement haïtien a réussi à juger et condamner huit agents de l’Administration Pénitentiaire Nationale (APENA) pour leur implication dans le meurtre d’une dizaine de détenus lors de l’évasion de 2010 dans la prison civile des Cayes. Cela s’était produit le jour même du séisme. Ce rapport accablant met à nu les faiblesses de nos institutions, le degré ou le nombre de violations graves des droits de l’homme dans le pays. Souhaitant que l’équipe en place prenne toute les mesures nécessaires pour l’amélioration de la situation actuelle des droits de l’homme qui ne fait pas non seulement honneur au pays mais contribue aussi, dans une certaine mesure, à son blocage car le respect des droits fondamentaux de l’homme est une condition sine qua non pour la bonne marche de toute démocratie. *Voir le rapport en entier sur le lien suivant : http://www.state.gov/j/drl/rls/hrrpt/humanrightsreport/index.htm?dynamic_load_id=186522#wrapper


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